Orange : l'Afrique et le Moyen-Orient pèsent désormais un cinquième du chiffre d'affaires
Yasser Shaker, patron régional d'Orange, indique que la zone Afrique-Moyen-Orient représente 20 % des revenus du groupe et tire sa croissance, portée par la data mobile et les services financiers.

Orange ne cache plus où se joue son avenir. Yasser Shaker, le directeur général régional pour l'Afrique et le Moyen-Orient, a confirmé que cette zone pèse désormais un cinquième du chiffre d'affaires du groupe français. Un basculement progressif mais net : les marchés africains, longtemps considérés comme secondaires, deviennent le principal moteur de croissance de l'opérateur. La data mobile, en plein essor, et les services financiers via Orange Money alimentent cette dynamique. Le groupe a bâti un réseau de 150 millions de clients dans la région, avec des positions fortes au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Mali et au Cameroun.
Cette montée en puissance ne doit rien au hasard. Orange a investi massivement dans les infrastructures : fibre optique, réseaux 4G puis 5G, centres de données. Résultat, l'Afrique subsaharienne affiche des taux de croissance à deux chiffres pour la data, là où l'Europe stagne. Le groupe mise aussi sur Orange Money, devenu un pilier des transferts d'argent et un relais de croissance face à la concurrence des fintechs. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les opérateurs télécoms deviennent des acteurs de premier plan du change et des paiements transfrontaliers.
Les défis restent pourtant nombreux. La pression fiscale et réglementaire s'accentue dans plusieurs pays, et la concurrence locale, notamment de MTN, reste féroce. Orange doit aussi composer avec des taux de change volatils, comme la dépréciation du naira ou du cedi, qui rognent les marges en devises. Mais le groupe peut s'appuyer sur une demande structurelle : une population jeune, une bancarisation encore faible et un usage du mobile en pleine explosion. La croissance africaine d'Orange n'est pas un accident de cycle, c'est un relais stratégique assumé.
À moyen terme, Orange veut faire de l'Afrique un laboratoire de ses services numériques : santé, éducation, agriculture connectée. Le groupe a annoncé vouloir doubler ses revenus dans la région d'ici cinq ans. Un objectif ambitieux, mais qui traduit une réalité simple : la croissance d'Orange ne viendra plus de l'Europe, mais des marchés où le mobile est le premier accès à Internet et aux services financiers.
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