L'Afrique lance sa propre agence de notation, premières notes souveraines attendues en mars
L'Africa Credit Rating Agency (AfCRA), nouvelle agence panafricaine, prévoit ses premières évaluations souveraines d'ici mars. Elle veut concurrencer les trois grandes agences mondiales et corriger leurs biais perçus.

L'Africa Credit Rating Agency (AfCRA) veut bousculer un pré carré tenu depuis des décennies par Moody's, S&P et Fitch. L'organisation panafricaine, lancée avec le soutien de plusieurs États et institutions du continent, prévoit de publier ses premières notes souveraines d'ici mars. Objectif affiché : offrir une lecture indépendante du risque africain, alors que les trois majors sont régulièrement accusées de surmajore le risque des économies du continent. Le calendrier se précise, et les premiers pays évalués devraient être annoncés dans les prochaines semaines.
Le reproche est ancien. Les agences internationales notent l'Afrique avec des grilles conçues pour les économies avancées, où les critères de liquidité, de profondeur des marchés ou de dette en devises pénalisent des pays dont la structure économique diffère. Résultat : des notes souvent plus basses que ne le justifieraient les fondamentaux, et des coûts d'emprunt qui s'envolent. En 2023, plusieurs pays africains ont vu leur prime de risque grimper alors même que leurs ratios de dette restaient contenus. L'AfCRA promet une méthode adaptée aux réalités locales, avec une attention particulière portée au secteur informel, aux ressources naturelles et aux flux de la diaspora.
Pour les investisseurs et les opérateurs de change, l'enjeu est concret. Une notation plus juste peut élargir l'accès aux marchés internationaux et réduire les spreads. Mais elle peut aussi, si elle est perçue comme trop complaisante, faire perdre en crédibilité. La nouvelle agence devra convaincre au-delà des frontières africaines. Les premières notes seront scrutées par les fonds de pension, les banques correspondantes et les plateformes de transfert qui ajustent leurs tarifs en fonction du risque pays. Des acteurs comme SendXOF suivent ces évolutions de près, car un changement de note modifie directement le coût des transferts vers la zone FCFA.
Reste la question de la méthode. L'AfCRA mise sur une gouvernance indépendante et une notation participative, avec des comités incluant des experts locaux. Elle veut aussi noter les entreprises et les projets d'infrastructure, pas seulement les États. Si elle réussit, elle pourrait devenir un contrepoids utile aux trois majors. Mais les marchés internationaux restent dominés par les notes de S&P, Moody's et Fitch, et les contrats de dette y font souvent référence. L'agence africaine devra donc prouver sa valeur sur la durée, note après note. Les premiers résultats, attendus en mars, donneront un premier signal.
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