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Nigeria : les États fédérés empochent 2 640 milliards de nairas de taxe sur les salaires

Les 36 États nigérians et le territoire fédéral d'Abuja ont collecté 2 640 milliards de nairas d'impôt PAYE en 2025, en hausse de 40,4 % en un an. Cette taxe représente 69,5 % de leurs recettes fiscales totales.

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Rédaction SendXOF

Publié le 12 octobre 2026

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Nigeria : les États fédérés empochent 2 640 milliards de nairas de taxe sur les salaires

Les 36 États du Nigeria et le territoire de la capitale fédérale, Abuja, ont encaissé 2 640 milliards de nairas au titre de l'impôt sur les salaires (PAYE) en 2025. C'est 40,4 % de plus qu'en 2024, où la somme s'élevait à 1 880 milliards, selon les données du Bureau national de la statistique. Sur les 3 790 milliards de nairas de recettes fiscales totales engrangées par ces entités, le PAYE en pèse à lui seul 69,5 %. Autrement dit, l'impôt prélevé directement sur la fiche de paie des salariés est devenu la première ressource propre des États, loin devant les taxes foncières ou les droits de licence.

Cette progression de 40 % en un an ne traduit pas une vague de créations d'emplois formels. Elle s'explique surtout par l'effet mécanique de l'inflation et par la dévaluation du naira, qui gonflent les salaires nominaux — donc l'assiette taxable — sans que le pouvoir d'achat suive. Un fonctionnaire de Kano ou de Port Harcourt qui voit sa paie augmenter de 25 % en nairas paie davantage d'impôt, alors qu'il achète souvent moins de riz et de carburant qu'un an plus tôt. Les États, eux, encaissent une manne qui les rend moins dépendants des allocations du gouvernement fédéral, longtemps leur principale source de financement.

Le revers de la médaille se joue sur le secteur privé. Plus un État taxe la masse salariale, plus les employeurs hésitent à déclarer leurs effectifs réels ou à embaucher sous contrat formel. Le Nigeria compte déjà une part très élevée de travailleurs informels, hors du filet du PAYE. Il y a aussi un effet de change : les entreprises qui importent de la matière première ou paient des fournisseurs en dollars voient leurs charges grimper, et certaines arbitrent entre embaucher et automatiser. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la fiscalité et le change pèsent tous les deux sur le revenu net des ménages.

La vraie question n'est pas de savoir si les États collecteront encore plus en 2026. Avec une inflation qui reste à deux chiffres et un naira qui n'a pas fini de chercher son équilibre, la réponse est probablement oui. La question est de savoir à quoi sert cet argent. Routes, hôpitaux, écoles : les contribuables nigérians attendent de voir la contrepartie sur le terrain. Un impôt qui monte de 40 % sans service public qui suit, c'est une pression qui finit par se retourner contre ceux qui la prélèvent.

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