Nigeria : 4 870 milliards de nairas dorment hors des banques en août
La monnaie en circulation hors du système bancaire nigérian est remontée à 4 870 milliards de nairas en août, après trois mois de baisse, selon la Banque centrale du Nigeria.

La Banque centrale du Nigeria a publié ses derniers chiffres : 4 870 milliards de nairas circulent hors des banques à fin août, contre 4 800 milliards en juillet. Soit 70,9 milliards de plus en un mois, une hausse de 1,48 %. Ce rebond met fin à trois mois consécutifs de reflux, pendant lesquels les Nigérians avaient semblé ramener leur argent dans les circuits formels. Le mouvement s'inverse, et il en dit long sur la confiance des ménages et des petits commerçants envers le système bancaire.
Le mois de juillet avait marqué un plus bas à 4 800 milliards. Depuis, la remontée s'installe. Les raisons ne sont pas uniques : inflation persistante, coût des transactions bancaires, méfiance envers les frais sur les dépôts, mais aussi habitude tenace de garder du liquide pour les dépenses quotidiennes. Dans un pays où une large part de l'économie fonctionne en espèces — marchés, taxis, petits ateliers —, l'argent qui dort sous un matelas ou dans une caisse n'est pas une anomalie. C'est une stratégie de survie face à des taux d'intérêt réels négatifs et à une monnaie qui a perdu du terrain ces dernières années.
Le lien avec le change n'est pas anodin. Quand la monnaie fiduciaire s'accumule hors des banques, elle échappe aux circuits de conversion officiels. Une partie de ces nairas alimente le marché parallèle, où le dollar se négocie plus cher qu'au guichet de la CBN. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car l'écart entre taux officiel et taux réel s'élargit. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui permet aux utilisateurs de voir où se situe le vrai prix du naira au moment d'envoyer ou de recevoir des fonds.
La CBN suit ce chiffre de près. Trop de cash dehors, c'est moins de dépôts dans les banques, donc moins de capacité de prêt et un contrôle monétaire plus difficile. Mais ramener cet argent dans le système ne se décrète pas. Tant que l'inflation ronge les dépôts et que les frais bancaires pèsent, une partie des Nigérians continuera de préférer le liquide. Le rebond d'août n'est pas un accident : c'est le signe d'une économie où le cash reste roi, même quand les banques font la chasse aux dépôts.
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