Les paiements internationaux incertains pèsent sur les coûts des entreprises nigérianes
Les délais et l'incertitude dans les transferts transfrontaliers augmentent le besoin en fonds de roulement des entreprises nigérianes, selon le fintech Kelvin Obasuyi, qui pointe un surcoût pour le commerce international.

Le fondateur de fintech Kelvin Efosa Obasuyi pose un constat simple : pour une entreprise nigériane, le coût du commerce international ne se limite pas aux droits de douane ou au fret. Les délais et l'incertitude autour des paiements transfrontaliers pèsent directement sur la trésorerie. Une commande passée à un fournisseur chinois ou européen peut rester bloquée plusieurs jours en attente de validation bancaire. Résultat : l'entreprise doit immobiliser davantage de capital pour honorer ses échéances, constituer des stocks de sécurité et tenir ses engagements vis-à-vis de ses propres clients. Ce surcoût, souvent invisible dans les comptes, se répercute sur les prix de vente.
Le problème n'est pas nouveau, mais il s'est aggravé avec la volatilité du naira et les restrictions répétées sur les devises. Les banques nigérianes font face à des files d'attente de demandes de dollars, et les entreprises doivent parfois attendre plusieurs semaines pour obtenir un transfert. Pour les PME importatrices, cette incertitude se traduit par des pénalités de retard, des ruptures de stock et, parfois, la perte pure et simple de contrats. Obasuyi souligne que les fintechs peuvent jouer un rôle en offrant des solutions de paiement plus prévisibles, mais elles se heurtent elles-mêmes aux contraintes de liquidité en devises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les opérateurs répercutent ces frictions sur les frais.
Au-delà des seuls transferts, c'est l'ensemble de la chaîne logistique qui se trouve affectée. Une entreprise qui importe des matières premières pour la production locale doit intégrer cette prime de risque dans ses calculs. Les banques centrales et les régulateurs ont un rôle à jouer pour fluidifier les paiements, mais la confiance des opérateurs internationaux reste fragile. En attendant, les entreprises nigérianes continuent de composer avec un système où chaque jour de retard coûte de l'argent, et où la prévisibilité des flux financiers devient un avantage compétitif à part entière.
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