Les banques nigériannes déposent 77 190 milliards de nairas à la CBN en 19 jours
Les banques nigériannes ont déposé 77 190 milliards de nairas à la Banque centrale en 19 jours de septembre 2026, alors que le taux de la facilité de dépôt tombe à 20 %.

Les banques nigériannes ont déposé 77 190 milliards de nairas à la Banque centrale du Nigeria (CBN) en 19 jours d'activité en septembre 2026. Un montant record qui traduit une frénésie de placement des liquidités excédentaires. Les établissements préfèrent garer leurs fonds à la CBN plutôt que de les prêter à l'économie réelle. Le taux de la facilité de dépôt permanente (SDF) a chuté à 20 %, contre plus de 24 % en début d'année. Cette baisse réduit le rendement des dépôts, mais les banques continuent d'y placer massivement leurs excédents. Le marché interbancaire, lui, reste atone : les échanges entre banques se font rares, signe que la confiance mutuelle n'est pas au rendez-vous.
Cette frilosité bancaire a un coût pour l'économie. Les entreprises et les ménages peinent à obtenir des crédits, alors que les taux d'intérêt restent élevés. La CBN, qui a relevé son taux directeur à 27,5 % en février 2026 pour contrer l'inflation, se retrouve coincée. Elle veut freiner la hausse des prix, mais son taux de dépôt élevé aspire les liquidités qui pourraient irriguer l'activité. Résultat : les banques préfèrent la sécurité de la banque centrale au risque du crédit. Les petites entreprises, en particulier, subissent de plein fouet ce rationnement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les banques répercutent ces taux sur leurs frais.
Le montant de 77 190 milliards de nairas équivaut à environ 50 milliards de dollars. À titre de comparaison, le budget fédéral nigérian pour 2026 s'élève à 49 000 milliards de nairas. Les dépôts à la CBN dépassent donc largement les dépenses publiques annuelles. Cette accumulation de liquidités dormantes prive l'économie de capitaux productifs. Les autorités monétaires tentent de décourager ces dépôts en baissant le taux SDF, mais l'effet est limité : les banques n'ont pas d'alternative rentable et sûre. Le crédit au secteur privé stagne, autour de 20 % du PIB, contre 40 % dans des pays comparables.
La baisse du taux SDF à 20 % devrait, en théorie, pousser les banques à prêter davantage. Mais dans un contexte d'inflation à 32 % et de naira volatil, le crédit reste risqué. Les banques préfèrent attendre des jours meilleurs. Cette situation illustre le dilemme de la politique monétaire nigériane : trop de rigueur étouffe la croissance, pas assez laisse filer l'inflation. Pour l'instant, la CBN choisit la prudence, quitte à voir les liquidités s'entasser dans ses coffres. Les entreprises, elles, continuent de chercher des financements ailleurs, souvent à des coûts prohibitifs.
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