Le patron de FMDQ presse le Nigeria de créer des produits de couverture avant le prochain choc
Zeal Akaraiwe, directeur général de FMDQ Group, appelle régulateurs et infrastructures de marché à bâtir des instruments de couverture pendant que le change reste calme, plutôt que d'attendre la prochaine crise.

Zeal Akaraiwe ne veut pas attendre la prochaine tempête pour sortir les parapluies. Le directeur général de FMDQ Group, la plateforme qui organise une bonne partie des échanges obligataires et monétaires nigérians, a lancé un appel clair cette semaine : construire des marchés de couverture profonds maintenant, tant que le naira tient à peu près debout. Son raisonnement est simple. Quand un choc frappe, les entreprises cherchent toutes en même temps à se protéger contre une chute brutale de la monnaie ou une flambée des taux. Si aucun instrument n'existe, la panique fait le reste. Akaraiwe connaît le scénario : le Nigeria l'a vécu en 2023 après la libéralisation du change, puis en 2024 quand le naira a plongé sous les 1 500 pour un dollar sur le marché officiel.
Le problème n'est pas théorique. Les importateurs nigérians qui achètent des matières premières ou des pièces détachées en dollars n'ont aujourd'hui presque aucun outil pour verrouiller un taux à trois ou six mois. Les banques proposent quelques contrats à terme, mais les volumes restent minces et les spreads élevés. Résultat : chaque entreprise porte le risque de change sur ses propres fonds propres. Une PME qui importe pour 50 millions de nairas par mois peut voir sa facture grimper de 15 % en une semaine sans pouvoir rien faire. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un marché de couverture liquide finit toujours par réduire les écarts entre taux officiel et parallèle.
Akaraiwe plaide pour que la Securities and Exchange Commission, la Banque centrale du Nigeria et les infrastructures de marché travaillent ensemble. Il ne demande pas des produits exotiques. Des contrats à terme sur devises, des swaps de taux et des options simples suffiraient à absorber une bonne partie du choc. Le Nigeria a déjà une bourse de produits dérivés, FMDQ Exchange, mais les volumes restent confidentiels comparés à ceux du marché obligataire. Le vrai frein, c'est la confiance : les opérateurs hésitent à s'engager sur des échéances longues quand ils ne savent pas si les règles du jeu changeront du jour au lendemain.
Le timing d'Akaraiwe n'est pas anodin. Le naira s'est stabilisé autour de 1 500 pour un dollar depuis plusieurs mois, et les réserves de change ont légèrement remonté. C'est exactement le moment, dit-il, pour poser les fondations. Attendre que la monnaie décroche à nouveau, c'est construire le bateau pendant la tempête. Les régulateurs nigérians ont promis d'étudier la question, mais aucun calendrier n'a été annoncé. D'ici là, les entreprises continueront de se couvrir comme elles peuvent : en gardant des dollars sous le matelas ou en payant des primes élevées à quelques banques. Un système coûteux, mais qui a le mérite d'exister.
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