NGX appelle à une coalition des acteurs pour financer la croissance nigériane
Le président du groupe NGX, Umaru Kwairanga, a invité les acteurs du marché des capitaux à renforcer leur collaboration pour mobiliser des financements longs, lors des 30 ans de l'Association of Issuing Houses of Nigeria.

Le groupe Nigerian Exchange (NGX) a soufflé ses trente bougies cette semaine, mais ce n'est pas l'anniversaire qui a occupé le devant de la scène. Umaru Kwairanga, président du conseil d'administration du NGX Group, a profité de la célébration des 30 ans de l'Association of Issuing Houses of Nigeria pour lancer un appel clair : les acteurs du marché des capitaux doivent travailler main dans la main s'ils veulent que la Bourse de Lagos serve à financer l'économie réelle. Son constat est simple. Le marché nigérian existe, il fonctionne, mais il reste trop petit pour les besoins du pays. Kwairanga veut changer d'échelle.
Le problème n'est pas nouveau. Le Nigeria a besoin de milliards de dollars pour ses routes, son électricité, ses ports. Les banques seules ne peuvent pas porter ce poids. Le marché des capitaux — obligations, actions, produits de taux — doit prendre le relais. Mais pour cela, il faut des émetteurs, des investisseurs et des intermédiaires qui se parlent. Kwairanga plaide pour une collaboration renforcée entre la SEC, le NGX, les maisons d'émission et les investisseurs institutionnels. L'objectif : réduire les frictions, accélérer les introductions en bourse et faciliter les émissions obligataires de long terme.
Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et l'accès aux placements en nairas. Un marché des capitaux plus profond, c'est aussi plus d'instruments pour ceux qui veulent investir depuis l'étranger sans passer par des canaux opaques. Les fintechs de transfert suivent d'ailleurs ces discussions de près : plus le marché nigérian se structure, plus les flux de la diaspora trouvent des points d'entrée formels.
Reste à savoir si les paroles se traduiront en actes. Le Nigeria a déjà connu des annonces similaires. Cette fois, le contexte est différent : l'inflation ronge le pouvoir d'achat, l'État cherche des financements hors pétrole, et les entreprises locales ont besoin de capitaux frais. Le NGX a une carte à jouer. Mais sans réformes concrètes sur la fiscalité des émissions et la protection des investisseurs, l'appel de Kwairanga restera un vœu pieux. Les trente prochaines années diront si le marché nigérian a changé de dimension.
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