Le Nigeria ouvre un « deal room » de 78 milliards de dollars pour attirer les investisseurs étrangers
Lancée en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok, l'initiative veut canaliser des milliards de dollars vers plusieurs secteurs de l'économie nigériane.

Le gouvernement nigérian a présenté cette semaine à Bangkok une plateforme de transactions d'un montant de 78 milliards de dollars, destinée à attirer les capitaux étrangers. L'annonce a été faite en marge des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale, un rendez-vous qui réunit les décideurs financiers de la planète. Le mécanisme, baptisé « deal room », doit servir de guichet unique où les investisseurs peuvent identifier des projets bancables dans les infrastructures, l'énergie, l'agriculture ou encore le numérique. Abuja promet des procédures simplifiées et un suivi personnalisé pour chaque dossier. L'objectif affiché : faire entrer des milliards de dollars dans une économie qui peine à financer ses déficits.
Le Nigeria sort d'une période de réformes douloureuses : suppression des subventions sur l'essence, unification du taux de change, hausse des taux directeurs. Ces mesures ont assaini les finances publiques mais renchéri le coût du capital. Les investisseurs étrangers, eux, restent prudents. Ils pointent la volatilité du naira, les goulets d'étranglement logistiques et l'insécurité dans certaines régions. Le « deal room » ne résout pas ces problèmes. Il parie sur la force de frappe des projets proposés et sur la crédibilité des partenaires locaux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un afflux de devises pourrait stabiliser le marché des changes.
Les secteurs ciblés parlent d'eux-mêmes. Le Nigeria veut moderniser son réseau électrique, construire des routes, développer la transformation agricole et étendre la couverture numérique. Autant de chantiers qui exigent des capitaux longs et des garanties solides. Le gouvernement assure que chaque projet sera audité et que les investisseurs bénéficieront d'un cadre juridique stable. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, mais ici l'enjeu dépasse le change : c'est la capacité du pays à convaincre que ses promesses sont tenables.
Le « deal room » n'est pas une baguette magique. Il ne remplace ni les réformes structurelles ni la confiance des marchés. Il crée une vitrine, un point de contact entre l'offre de projets et la demande de rendement. Les premiers résultats se liront dans les mois à venir, au fil des signatures. Une chose est sûre : le Nigeria ne manque pas de projets. Ce qui manque, c'est la certitude que les règles du jeu ne changeront pas du jour au lendemain. C'est là que se jouera la crédibilité de l'initiative.
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