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Nigeria : le gendarme boursier vise 750 000 milliards de nairas de capitalisation d'ici 2036

La SEC nigériane veut multiplier par cinq la capitalisation de la Bourse de Lagos en dix ans. Le Sénat presse la NNPC et les opérateurs télécoms d'y coter leurs actions pour atteindre cet objectif.

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Rédaction SendXOF

Publié le 19 octobre 2026

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Nigeria : le gendarme boursier vise 750 000 milliards de nairas de capitalisation d'ici 2036

La Securities and Exchange Commission (SEC) du Nigeria s'est fixé un cap ambitieux : porter la capitalisation boursière du pays à 750 000 milliards de nairas d'ici 2036. Le chiffre, dévoilé cette semaine, représente environ cinq fois le niveau actuel. Pour y parvenir, le régulateur mise sur l'entrée en Bourse de grandes entreprises publiques et privées qui restent aujourd'hui à l'écart du marché. En tête de liste : la compagnie pétrolière nationale NNPC et les géants des télécommunications. Le Sénat a explicitement appelé ces acteurs à franchir le pas, estimant que leur cotation donnerait un signal fort aux investisseurs et élargirait la base d'actionnariat.

Le président de la commission sénatoriale des finances, Oyedele, a rappelé que le Nigeria ne deviendra pas une économie de 1 000 milliards de dollars sans un marché de capitaux profond et liquide. Aujourd'hui, la Bourse de Lagos reste dominée par quelques valeurs bancaires et industrielles. L'arrivée de la NNPC, même partielle, changerait l'échelle : la compagnie pétrolière pèse des dizaines de milliards de dollars. Les opérateurs télécoms, à l'image de MTN Nigeria déjà coté, pourraient servir de modèle. Mais les réticences sont réelles : les entreprises publiques hésitent à ouvrir leur capital, et les conditions de marché — taux d'intérêt élevés, inflation à plus de 30 % — ne facilitent pas les introductions en Bourse.

Pour doper l'épargne des particuliers, la SEC compte aussi lancer un National Savings Scheme, un dispositif d'épargne retail destiné à canaliser l'argent de la classe moyenne vers les marchés financiers. L'idée : transformer une épargne dormante en investissement productif. Le régulateur veut ainsi élargir la base des investisseurs, aujourd'hui très concentrée. Cette initiative s'inscrit dans un contexte où les rendements obligataires attirent les capitaux, mais où le grand public reste méfiant vis-à-vis des actions. La réussite du plan dépendra de la confiance rétablie dans les institutions de marché et de la stabilité macroéconomique.

Reste une question de taille : le Nigeria peut-il attirer des capitaux étrangers alors que le naira a perdu près de 70 % de sa valeur depuis juin 2023 ? Les investisseurs internationaux scrutent la volatilité du taux de change avant de s'engager. Une cotation de la NNPC, si elle se concrétise, offrirait une porte d'entrée sur le secteur pétrolier nigérian, mais les valorisations resteront sensibles aux soubresauts monétaires. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un marché boursier plus profond pourrait stabiliser les flux financiers. Le pari de la SEC est clair : faire de Lagos une place financière régionale capable de rivaliser avec Johannesburg. Le chemin reste long.

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