Le Nigeria compte 106 stations de GNV, portées par 2,6 milliards de dollars privés
Le gouvernement fédéral annonce 106 stations de recharge en gaz naturel comprimé opérationnelles, financées à hauteur de 2,6 milliards de dollars par le secteur privé. Un cap symbolique pour la transition énergétique nigériane.

Le Nigeria a franchi un palier dans son programme de conversion au gaz naturel comprimé (GNV). Le gouvernement fédéral a annoncé vendredi que 106 stations de recharge sont désormais opérationnelles sur le territoire, contre une poignée il y a deux ans. Derrière ce chiffre, 2,6 milliards de dollars d'investissements privés ont été mobilisés pour déployer le réseau, selon les autorités. L'objectif affiché reste ambitieux : réduire la facture de carburant des automobilistes et des transporteurs, dans un pays où l'essence a flambé depuis la fin des subventions en 2023.
Le déploiement des stations GNV ne relève pas seulement de la politique énergétique. Il touche aussi à l'économie quotidienne des ménages et des petits commerçants, qui dépendent du transport pour leurs achats. Un litre d'essence coûte aujourd'hui plus de 900 nairas dans certaines régions, contre un équivalent GNV souvent deux fois moins cher. Les 2,6 milliards de dollars annoncés proviennent essentiellement de groupes privés, dont des consortiums locaux et des partenaires étrangers, qui misent sur un retour sur investissement à mesure que la demande de véhicules compatibles augmente.
Le gouvernement nigérian veut porter le nombre de stations à 1 000 d'ici 2027, un objectif qui suppose un rythme de construction soutenu et des incitations fiscales pour les transporteurs. Pour les opérateurs de change et les plateformes de transfert, cette transition énergétique pourrait à terme modifier la structure des coûts logistiques et, par ricochet, les flux de devises liés aux importations de pièces détachées et de compresseurs. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces évolutions pour ajuster leurs taux en temps réel, car la compétitivité des prix du transport influence directement les volumes de transferts entre le Nigeria et ses voisins.
Reste que le réseau de distribution de gaz reste le maillon faible : les stations GNV dépendent d'un approvisionnement régulier en gaz naturel, dont la production est en partie détournée vers l'exportation de GNL. Sans une montée en puissance des infrastructures de compression et de transport, les 106 stations pourraient tourner au ralenti. Le gouvernement mise sur les investissements privés pour combler ce retard, mais les analystes du secteur énergétique rappellent que la rentabilité des stations dépendra de la densité du trafic et de la conversion effective du parc automobile. Le cap des 106 stations est une étape, pas une fin en soi.
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