Divest lance une banque privée pour gérer les paiements internationaux en Afrique
La fintech nigériane Divest dévoile une nouvelle version de son application permettant aux particuliers et entreprises de détenir des comptes en dollars, euros et livres sterling, et de gérer leurs flux transfrontaliers.

Divest, la jeune pousse nigériane spécialisée dans les services financiers numériques, vient de franchir un cap. Sa nouvelle application, présentée comme une banque privée, permet à ses utilisateurs de détenir des comptes en devises étrangères — dollars, euros, livres sterling — et de gérer des paiements internationaux. La cible est large : les Nigérians de retour au pays, les freelances, les travailleurs à distance, les familles et les patrons de PME. Tous ceux qui touchent des revenus en devises ou doivent payer des fournisseurs à l'étranger.
Le contexte économique nigérian explique en partie ce positionnement. Avec un naira qui a perdu plus de 60 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, conserver ses économies en monnaie locale relève du casse-tête. Les particuliers et les entreprises cherchent des moyens simples de se couvrir. Divest propose une solution clé en main : ouvrir un compte en devise, recevoir des virements internationaux, et effectuer des paiements hors du Nigeria sans passer par les circuits bancaires traditionnels, souvent lents et coûteux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts et la gestion des revenus en devises.
La fintech ne part pas de zéro. Le marché nigérian des paiements transfrontaliers attire les investisseurs depuis plusieurs années, porté par une population jeune et connectée. Mais les obstacles restent nombreux : volatilité du taux de change, réglementation changeante, et concurrence des géants comme Flutterwave ou Paystack. Divest mise sur une approche « banque privée » pour se démarquer, en offrant un service plus personnalisé que les simples applications de transfert. Reste à voir si les utilisateurs suivront, alors que la confiance dans les fintechs locales reste fragile après plusieurs faillites retentissantes.
Pour l'instant, Divest ne communique pas le nombre d'utilisateurs visés ni les frais appliqués. La société promet une interface simplifiée et une gestion des devises en temps réel. Dans un pays où l'accès aux devises reste un privilège, l'arrivée d'un acteur supplémentaire pourrait stimuler la concurrence et faire baisser les coûts. Mais sans agrément bancaire complet, Divest devra composer avec les limites imposées par la réglementation nigériane sur les changes. Le lancement intervient alors que la banque centrale du Nigeria multiplie les réformes pour attirer les capitaux étrangers et stabiliser le naira. Une aubaine pour les fintechs qui savent naviguer entre innovation et conformité.
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