Dangote : le projet ciment d'Obajana passe de 180 millions à 1 milliard de dollars
Aliko Dangote révèle que les déficits d'infrastructures publiques ont fait exploser le coût de son usine d'Obajana, initialement estimé à 180 millions de dollars, pour atteindre 1 milliard.
Aliko Dangote a levé le voile sur un chiffre qui donne la mesure des obstacles rencontrés par les industriels au Nigeria. L'usine de ciment d'Obajana, dans l'État de Kogi, devait coûter 180 millions de dollars. Elle en a finalement englouti un milliard. Un écart de 820 millions de dollars que l'homme d'affaires attribue directement aux carences des infrastructures publiques. Routes impraticables, réseau électrique défaillant, absence de voies ferrées : chaque brique du projet a dû être posée en contournant les manques de l'État.
Le cas d'Obajana n'est pas isolé. Il illustre une réalité que connaissent tous les entrepreneurs nigérians : bâtir une usine de cette taille suppose souvent de construire en parallèle les routes pour acheminer le ciment, les centrales pour alimenter les fours, et parfois les ports pour exporter. Dangote a dû financer sur fonds propres des infrastructures que l'on attendrait normalement de la puissance publique. Ce surcoût, répercuté sur le prix de vente, pèse sur l'ensemble de la chaîne de construction.
Pour les opérateurs économiques de la région, cette révélation rappelle que le coût de production au Nigeria intègre une prime d'infrastructure invisible mais bien réelle. Les investisseurs étrangers qui comparent les opportunités entre pays ouest-africains ne s'y trompent pas : un projet industriel au Nigeria peut coûter cinq fois plus cher qu'annoncé s'il faut pallier les défaillances publiques. La question du financement de ces équipements structurants reste donc au cœur des discussions entre le secteur privé et les autorités.
Dangote, qui a bâti son empire sur le ciment avant de se lancer dans le raffinage, connaît la musique. Son groupe a souvent intégré verticalement les fonctions que l'État nigérian ne fournissait pas. Cette stratégie a un coût, mais elle a aussi permis à Obajana de devenir l'une des plus grandes cimenteries d'Afrique. Le message est clair : au Nigeria, l'industrie ne se contente pas de produire, elle doit aussi construire les fondations de sa propre logistique. Un fardeau qui freine la compétitivité, mais qui forge des champions habitués à survivre sans filet.
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