Lagos appelle à investir dans les infrastructures numériques africaines
Le vice-gouverneur de l'État de Lagos, Obafemi Hamzat, a demandé mardi aux gouvernements et au secteur privé d'augmenter les investissements dans le numérique pour accélérer la transformation du continent.

Obafemi Hamzat a pris la parole mardi devant un parterre d'acteurs technologiques réunis à Lagos. Le vice-gouverneur de l'État a demandé aux gouvernements africains et aux entreprises privées de desserrer les cordons de la bourse pour financer les infrastructures numériques du continent. Son argument tient en une phrase : sans câbles, sans data centers et sans énergie stable, l'innovation locale reste un slogan. Il s'exprimait à l'occasion de la cinquième édition d'un forum consacré à la technologie, selon un communiqué publié mercredi sur le compte X du gouvernement de l'État de Lagos.
Le Nigeria compte plus de 220 millions d'habitants, mais moins de la moitié dispose d'un accès fiable à internet. Les coupures d'électricité restent quotidiennes dans plusieurs quartiers de Lagos, la capitale économique du pays. Hamzat a insisté sur un point : les gouvernements ne peuvent pas tout porter seuls. Il a appelé le secteur privé à cofinancer les projets, citant en exemple les partenariats public-privé qui ont permis à Lagos de poser des câbles de fibre optique sous ses routes ces dernières années. L'État a investi dans un réseau de 3 000 kilomètres de fibre, mais l'essentiel du territoire nigérian reste mal couvert.
La question du financement reste entière. Le déficit d'infrastructures numériques en Afrique est estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars par an par la Banque africaine de développement. Les opérateurs télécoms nigérians, eux, subissent de plein fouet la dépréciation du naira : importer des équipements coûte de plus en plus cher. MTN Nigeria a vu ses coûts d'exploitation grimper de 30 % en un an, en partie à cause du change. Dans ce contexte, chaque dollar investi dans le réseau local vaut double. Hamzat plaide pour que les capitaux africains eux-mêmes prennent le relais, plutôt que d'attendre les fonds étrangers.
Le message du vice-gouverneur intervient à un moment où plusieurs pays africains tentent d'attirer les géants mondiaux du numérique. Google a ouvert un centre de développement à Nairobi, Microsoft a renforcé ses équipes à Lagos. Mais ces investissements restent concentrés dans quelques métropoles. Pour Hamzat, l'enjeu dépasse la simple connexion : il s'agit de former des ingénieurs, de financer des start-up locales et de retenir les talents sur le continent. Sans cela, la transformation numérique africaine restera une promesse répétée à chaque forum, sans effet mesurable sur le quotidien des populations.
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