Afreximbank visite la centrale Elektron de 40 MW à Lagos
Un haut responsable d'Afreximbank a inspecté mercredi la centrale VI Power d'Elektron Energy, 40 mégawatts, dans un contexte où l'énergie embarquée attire les investisseurs.

Afreximbank a envoyé un de ses cadres dirigeants visiter mercredi la centrale VI Power d'Elektron Energy, à Lagos. L'installation développe 40 mégawatts et alimente des quartiers d'affaires de la mégapole nigériane. La banque continentale veut comprendre comment Elektron produit et vend son électricité, alors que le Nigeria reste bloqué sous les 4 000 mégawatts disponibles pour plus de 200 millions d'habitants. La visite n'est pas anodine : Afreximbank finance déjà des projets énergétiques à travers l'Afrique et cherche des relais locaux capables d'exécuter vite.
Elektron Energy mise sur l'énergie embarquée, c'est-à-dire des centrales installées directement chez les gros consommateurs — usines, immeubles de bureaux, zones industrielles. Le modèle contourne les limites du réseau national, qui s'effondre régulièrement. À Lagos, les entreprises qui peuvent se le permettre achètent leur propre production. Elektron vend ainsi de l'électricité à des clients captifs, sans dépendre de la compagnie nationale. Ce créneau attire les investisseurs parce qu'il génère des revenus en devises fortes et échappe aux subventions publiques.
Le Nigeria produit moins de 5 000 mégawatts installés, contre 50 000 pour l'Afrique du Sud. Les coupures coûtent des milliards de dollars par an aux entreprises. Dans ce vide, les producteurs privés comme Elektron se taillent une place. Afreximbank a déjà soutenu des projets similaires au Kenya ou en Égypte. Sa visite à Lagos pourrait déboucher sur un financement ou une garantie. Pour les opérateurs, l'enjeu est simple : produire local, vendre local, facturer en nairas indexés sur le dollar.
La centrale VI Power illustre une tendance de fond : l'électricité devient un marché privé au Nigeria, porté par la demande des entreprises et le retrait de l'État. Elektron n'a pas communiqué de chiffres sur sa rentabilité, mais son modèle séduit. Afreximbank, de son côté, élargit son portefeuille énergétique. Si le partenariat se concrétise, il pourrait accélérer la construction de nouvelles capacités embarquées dans les zones industrielles de Lagos et d'ailleurs. Le Nigeria a besoin de 30 000 mégawatts supplémentaires pour stabiliser son réseau. Les centrales privées ne combleront pas ce trou à elles seules, mais elles montrent qu'une partie de la solution se joue hors du réseau public.
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