La CBN pourrait retarder la baisse de son taux directeur face à la flambée du pétrole
United Capital Research estime que la hausse des prix du brut et de l'essence rend prématurée une baisse du taux directeur nigérian, ravivant les incertitudes sur l'inflation.

La banque centrale du Nigeria pourrait bien garder son taux directeur inchangé plus longtemps que prévu. United Capital Research, dans une note publiée cette semaine, juge prématurée toute baisse du Monetary Policy Rate, le taux qui fixe le coût de l'argent dans l'économie nigériane. En cause : la remontée des prix du pétrole brut et du Premium Motor Spirit, l'essence vendue à la pompe. Ces deux postes pèsent lourd dans l'indice des prix, et leur volatilité brouille les prévisions d'inflation. Pour les analystes, la CBN n'a pas encore la marge de manœuvre qu'elle espérait pour assouplir sa politique monétaire.
Le raisonnement tient en une équation simple. Quand le brut grimpe, les recettes pétrolières augmentent, mais les coûts de transport et de production suivent. Quand l'essence renchérit, ce sont les ménages et les PME qui trinquent directement. Résultat : l'inflation reste collée à des niveaux élevés, et la CBN hésite à couper le taux directeur de peur de relancer la spirale. United Capital rappelle que la banque centrale a déjà relevé son taux à plusieurs reprises pour contenir la dérive des prix. Revenir en arrière trop vite reviendrait à griller ses cartouches avant que la pression ne retombe.
Cette prudence a un coût pour l'économie réelle. Un taux directeur élevé renchérit le crédit pour les entreprises et freine l'investissement. Les commerçants qui importent des marchandises libellées en dollars subissent aussi la facture. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car le naira reste sous tension tant que la politique monétaire demeure restrictive. Les opérateurs de change suivent de près chaque communiqué de la CBN, guettant le moindre signal d'assouplissement.
La prochaine réunion du comité de politique monétaire sera donc scrutée à la loupe. Si le brut et l'essence continuent de grimper, la CBN n'aura d'autre choix que de patienter. Une baisse trop rapide risquerait de déstabiliser davantage le naira, déjà fragilisé sur le marché des changes. À l'inverse, un statu quo prolongé pèsera sur la croissance. Le Nigeria navigue entre deux maux, et la décision finale dépendra autant des chiffres de l'inflation que de l'humeur des marchés pétroliers.
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