Crédit aux PME nigérianes : le cash-flow avant le bénéfice, selon CreditPRO
Le patron de CreditPRO prévient les petites entreprises nigérianes : les banques regardent d'abord la trésorerie, pas le résultat net affiché. Un critère qui élimine beaucoup de dossiers de financement.

Les petites et moyennes entreprises nigérianes qui frappent à la porte des banques se trompent souvent de dossier. Le directeur général de CreditPRO l'a répété devant un parterre de patrons de PME : ce n'est pas le bénéfice affiché qui rembourse un prêt, c'est la trésorerie qui rentre chaque mois. Autrement dit, une entreprise peut afficher un résultat net positif et se retrouver incapable d'honorer une échéance si son argent est immobilisé dans des stocks ou des créances clients qui traînent.
Le message vise un point sensible. Au Nigeria, les banques commerciales exigent des garanties, des historiques de flux bancaires et des états financiers certifiés. Beaucoup de petites structures fonctionnent à l'informel, encaissent en espèces et tiennent une comptabilité approximative. Résultat : les demandes de crédit échouent avant même d'être étudiées sur le fond. CreditPRO, qui accompagne ces entreprises dans leur accès au financement, insiste sur la tenue rigoureuse d'un registre de flux, la séparation des comptes personnels et professionnels, et la régularité des dépôts bancaires.
La question dépasse le seul cas nigérian. Dans toute la zone ouest-africaine, les institutions de microfinance et les banques appliquent la même grille : elles veulent voir des entrées régulières, pas des promesses de croissance. Pour les commerçants qui opèrent entre le Nigeria et le reste de la CEDEAO, cette discipline devient un argument de négociation face aux prêteurs. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, ce qui aide les opérateurs à anticiper leurs marges avant de souscrire un engagement.
Le conseil de CreditPRO n'a rien de théorique. Les PME nigérianes représentent l'essentiel de l'emploi privé, mais elles captent une part marginale du crédit bancaire. Tant que la trésorerie restera mal suivie, les guichets resteront fermés. La balle est dans le camp des entreprises : documenter, séparer, déposer. Les banques, elles, ne changeront pas leurs critères de sitôt.
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