Nigeria : la mobilisation des recettes domestiques, clé de l'espace budgétaire
Face à un budget ambitieux et à une dépendance chronique aux chocs pétroliers, le Nigeria mise sur une meilleure collecte des recettes intérieures. Une stratégie qui passe par la réforme fiscale et la réduction des subventions, mais qui bute sur la réalité sociale et politique.

Le Nigeria vit un paradoxe fiscal permanent. D'un côté, un budget national ambitieux, chargé de promesses d'infrastructures critiques. De l'autre, une capacité réelle à financer ces projets qui reste fragile, tributaire des cours du pétrole et des emprunts extérieurs. Le débat sur la mobilisation des recettes domestiques n'est pas nouveau, mais il prend une acuité particulière alors que le pays cherche à élargir son espace budgétaire sans creuser davantage sa dette.
Le gouvernement de Bola Tinubu a fait de la réforme fiscale un pilier de sa stratégie. La suppression des subventions aux carburants, décidée en mai 2023, a déjà permis de réduire une dépense considérable. Mais l'élargissement de l'assiette fiscale reste un chantier colossal : moins de 10 % des Nigérians paient des impôts, et le secteur informel échappe largement au filet de l'administration. Les autorités misent sur la digitalisation des services fiscaux et sur une meilleure coordination entre le fisc fédéral et les États, qui collectent encore trop peu.
Cette quête de recettes a un impact direct sur le quotidien des ménages et des entreprises. La pression fiscale, si elle est mal calibrée, peut étouffer la consommation et décourager l'investissement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les taxes et les frais associés aux mouvements de fonds sont souvent répercutés sur les usagers. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, offrant une visibilité précieuse aux expatriés qui envoient de l'argent au pays.
Au-delà des considérations techniques, la réussite de cette mobilisation dépendra de la capacité du gouvernement à convaincre les Nigérians que l'impôt sert réellement l'intérêt général. Les infrastructures, l'éducation, la santé : les besoins sont immenses. Sans une amélioration tangible des services publics, la résistance fiscale restera forte. Le chemin est étroit, mais il est le seul viable pour sortir du cycle des déficits et de l'endettement.
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