Un économiste d'Oxford exhorte le Nigeria à sortir du modèle de la rente pétrolière
Pour stimuler la croissance et l'emploi, le Nigeria doit cesser de dépendre du pétrole, doubler ses exportations hors pétrole et privilégier les exportations plutôt que la protection des entreprises locales, selon un économiste d'Oxford.

Le Nigeria ne créera pas assez d'emplois en restant accroché à sa rente pétrolière. C'est le diagnostic d'un économiste d'Oxford, qui appelle le gouvernement fédéral à changer de cap. Pour lui, le pays doit doubler ses exportations hors pétrole et cesser de protéger les entreprises locales au détriment de la compétitivité. Le message est direct : la croissance durable passera par les exportations, pas par la rente.
Le constat n'est pas nouveau, mais il prend un relief particulier à Abuja. Le pétrole représente encore l'essentiel des recettes en devises du Nigeria, alors que la production stagne et que les cours restent volatils. L'économiste plaide pour que les réformes économiques engagées soient maintenues, malgré les tensions sociales qu'elles provoquent. Il cite en exemple les pays asiatiques qui ont bâti leur décollage sur des exportations manufacturières, et non sur des matières premières.
Sur le terrain, la dépendance au pétrole pèse sur le naira et sur le coût des transferts vers la sous-région. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Une économie plus diversifiée, avec des exportations non pétrolières plus fortes, réduirait la pression sur les changes et stabiliserait les taux. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces, mais la question de fond reste la capacité du Nigeria à générer des devises hors pétrole.
Le gouvernement nigérian a déjà annoncé des mesures pour soutenir les exportations agricoles et manufacturières, mais les résultats se font attendre. Les infrastructures logistiques restent un goulet d'étranglement, et l'accès au financement pour les petites entreprises exportatrices demeure limité. L'économiste d'Oxford insiste : sans une rupture nette avec le modèle de la rente, les réformes risquent de s'enliser. Le Nigeria a les ressources humaines et le marché pour réussir, mais le temps presse.
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