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Riz en Afrique de l'Ouest : un marché de 3,5 milliards de dollars reste à prendre

L'Afrique de l'Ouest consomme 22 à 24 millions de tonnes de riz blanchi par an mais n'en produit que 60 %. Le déficit ouvre un marché de 3,5 milliards de dollars aux investisseurs.

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Rédaction SendXOF

Publié le 16 septembre 2026

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Riz en Afrique de l'Ouest : un marché de 3,5 milliards de dollars reste à prendre

L'Afrique de l'Ouest mange plus de riz qu'elle n'en produit. Chaque année, la région consomme entre 22 et 24 millions de tonnes de riz blanchi. Ses rizières n'en fournissent que 60 %. Le reste arrive d'Asie, principalement d'Inde, de Thaïlande et du Vietnam. Cette dépendance coûte cher en devises et expose les pays aux caprices des marchés mondiaux. En 2023, quand l'Inde a restreint ses exportations, les prix du riz ont grimpé de 30 % en quelques semaines à Lagos et à Abidjan. Les ménages les plus modestes l'ont senti passer.

Le manque à gagner est estimé à 3,5 milliards de dollars par an. C'est le montant que la région pourrait économiser si elle produisait tout le riz qu'elle consomme. Les investisseurs regardent de près. Les rendements restent faibles : 2 à 3 tonnes par hectare, contre 6 à 8 en Asie. Les semences améliorées, l'irrigation et le stockage font défaut. Le Nigeria, premier producteur ouest-africain, a lancé des programmes pour doper sa production, mais les résultats tardent. Le Sénégal et la Côte d'Ivoire misent sur des partenariats public-privé pour moderniser leurs filières. La transformation locale, notamment le décorticage, reste le maillon faible : une grande partie du riz produit est encore exportée brute ou perdue après récolte.

Pour les opérateurs économiques, le calcul est simple. La demande augmente de 4 à 5 % par an, portée par la croissance démographique et l'urbanisation. Les habitudes alimentaires changent : le riz remplace le mil et le sorgho dans les assiettes. Les importations, elles, pèsent sur les balances courantes. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les devises injectées dans les économies locales financent souvent l'achat de denrées importées. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.

Les obstacles restent nombreux : foncier morcelé, accès limité au crédit, infrastructures de transport défaillantes. Mais la fenêtre est ouverte. Les bailleurs internationaux, Banque mondiale en tête, ont promis 500 millions de dollars pour la riziculture ouest-africaine sur cinq ans. Les entreprises agroalimentaires qui sauront industrialiser la filière — semences, irrigation, transformation, distribution — capteront une part d'un marché qui ne cesse de grossir. Ceux qui attendent que les États règlent tout seuls risquent de laisser passer le train.

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