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Dangote raconte avoir risqué tout son patrimoine pour financer sa raffinerie

Aliko Dangote révèle avoir hypothéqué l'ensemble de ses actifs et fourni une garantie personnelle pour obtenir un prêt initial de 3,7 milliards de dollars destiné à la raffinerie et aux engrais.

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Rédaction SendXOF

Publié le 16 septembre 2026

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Dangote raconte avoir risqué tout son patrimoine pour financer sa raffinerie

Aliko Dangote n'a pas seulement mis son nom sur la raffinerie de Lekki. Il a mis toute sa fortune en jeu. Dans un entretien publié cette semaine, l'homme d'affaires nigérian raconte avoir donné l'intégralité de ses actifs en garantie et signé une caution personnelle pour décrocher le premier prêt de 3,7 milliards de dollars. Un montant colossal qui a servi à lancer simultanément la raffinerie et l'usine d'engrais. À l'époque, aucune banque locale ne voulait porter seule un projet de cette envergure. Il a donc fallu convaincre les prêteurs en engageant son patrimoine personnel. Dangote qualifie cette décision de plus grand risque de sa carrière, lui qui a bâti un empire industriel en près de cinquante ans.

Le contexte explique pourquoi il a osé. Le Nigeria importait alors la quasi-totalité de son carburant raffiné, une aberration pour le premier producteur de pétrole du continent. Chaque année, des milliards de dollars partaient à l'étranger pour acheter de l'essence, du diesel ou du jet fuel. Dangote voulait inverser ce flux. Mais les banques nigérianes, refroidies par les crises successives du secteur pétrolier, hésitaient à financer une infrastructure de cette taille. La garantie personnelle a servi de déclencheur. Sans elle, le projet n'aurait probablement jamais vu le jour. Cette prise de risque illustre aussi la difficulté de financer de grands projets industriels en Afrique de l'Ouest, où les investisseurs exigent des sûretés solides avant d'engager des capitaux.

La suite a donné raison à cette audace. La raffinerie de Lekki tourne aujourd'hui à plein régime et couvre une part croissante de la consommation nationale. Le pays a même commencé à exporter du carburant aviation produit localement, un basculement historique. Pour les opérateurs économiques de la région, l'histoire de Dangote rappelle que les grands projets transforment les équilibres monétaires : moins d'importations de produits raffinés signifie moins de pression sur les réserves de devises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Nigeria moins dépendant des importations pétrolières stabilise à terme sa monnaie.

Reste une question que Dangote lui-même pose à demi-mot : combien de fortunes privées faudra-t-il engager pour financer la prochaine grande infrastructure du continent ? Son pari a fonctionné, mais il a failli lui coûter l'ensemble de son patrimoine. Les banques nigérianes, elles, n'ont pas changé de posture depuis. Elles continuent d'exiger des garanties personnelles massives pour les projets industriels. Cette prudence protège leurs bilans, mais elle freine aussi les initiatives. Le modèle Dangote, fondé sur un homme seul portant le risque, n'est ni reproductible ni souhaitable à grande échelle. Il montre surtout que sans réforme du financement industriel, l'Afrique de l'Ouest dépendra encore longtemps de quelques milliardaires audacieux pour bâtir ses infrastructures.

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