Rivers : le NSCDC renforce la surveillance pétrolière après le drame d'Okrika
Le corps de sécurité civil nigérian déploie des moyens supplémentaires dans le delta du Niger tandis qu'Indorama dément toute implication dans l'explosion mortelle d'Okrika.

Le Nigeria Security and Civil Defence Corps (NSCDC) a annoncé le renforcement de sa surveillance dans l'État de Rivers, quelques jours après une explosion meurtrière à Okrika. L'incident, survenu lors d'une opération de siphonnage de pipeline, a relancé la pression sur les autorités. Le NSCDC promet désormais des patrouilles plus fréquentes et un ciblage plus précis des réseaux de vol de brut. Le delta du Niger reste le théâtre d'un pillage qui coûte chaque année des milliards de nairas au pays.
Indorama Eleme Petrochemicals, mise en cause par des riverains, a publié un communiqué pour se dédouaner. L'entreprise affirme que l'explosion s'est produite sur un pipeline qui ne lui appartient pas et que ses installations n'ont pas été touchées. Elle appelle à une enquête indépendante. Cette mise au point intervient alors que la colère monte à Okrika, où les habitants réclament des comptes sur la multiplication des accidents liés au trafic de carburant.
Le vol de pétrole brut n'est pas qu'une affaire de sécurité : il pèse sur les recettes publiques et sur la production nationale. Le Nigeria a perdu en moyenne 200 000 barils par jour à cause du siphonnage ces dernières années, selon les estimations de l'industrie. Les communautés locales, souvent privées d'électricité et d'eau potable, voient dans cette économie parallèle une source de revenus. Un cercle vicieux que les déploiements militaires successifs n'ont pas réussi à briser.
La réponse du NSCDC, aussi renforcée soit-elle, ne réglera pas la question de fond : la pauvreté dans les zones productrices. Tant que les populations n'auront pas d'alternatives économiques crédibles, les pipelines resteront une cible. Les autorités promettent des arrestations et des poursuites. Mais à Okrika, comme ailleurs dans le delta, la défiance envers les institutions reste profonde. Le drame de cette semaine en est une nouvelle illustration.
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