Dette extérieure des pays en développement : un record de 9 400 milliards de dollars
La Banque mondiale révèle que la dette extérieure des pays en développement a atteint 9 400 milliards de dollars en 2025, portée par l'endettement privé et la hausse des taux d'intérêt.

La Banque mondiale a publié un chiffre qui donne le vertige : 9 400 milliards de dollars. C'est le montant total de la dette extérieure des pays en développement à la fin 2025, un record absolu. En un an, l'encours a gonflé sous l'effet de deux forces convergentes : les emprunts privés ont augmenté et les taux d'intérêt mondiaux sont restés élevés. Concrètement, les États et les entreprises de ces pays doivent rembourser plus cher, alors que leurs recettes fiscales peinent à suivre. La Banque mondiale parle d'un fardeau qui pèse sur les budgets et freine les investissements.
Le secteur privé a joué un rôle moteur dans cette flambée. Les entreprises des pays émergents ont profité d'un accès aux marchés internationaux, mais à des conditions qui se sont durcies. Les taux directeurs des banques centrales, notamment la Fed, ont renchéri le coût du crédit en dollars. Résultat : la charge de la dette explose pour des économies déjà fragilisées par la pandémie et les chocs énergétiques. Les pays à faible revenu sont les plus exposés, car ils empruntent souvent à des taux variables ou sur des maturités courtes.
Pour les ménages et les entrepreneurs de la zone franc, cette tendance n'est pas abstraite. Elle se traduit par des tensions sur les changes et une volatilité accrue des devises. Les autorités monétaires des pays africains, dont la CBN au Nigeria, surveillent de près ces flux de capitaux. Une dette extérieure qui s'alourdit peut détourner des devises du marché officiel, alimentant les écarts de taux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les banques répercutent la prime de risque sur les frais de change.
La Banque mondiale ne se contente pas de tirer la sonnette d'alarme. Elle appelle à une meilleure gestion de la dette, notamment par des rééchelonnements et des financements concessionnels. Mais les marges de manœuvre budgétaires sont minces : beaucoup de pays consacrent déjà une part croissante de leurs recettes au service de la dette, au détriment de la santé ou de l'éducation. Le record de 9 400 milliards de dollars n'est pas un accident de parcours. Il reflète une architecture financière mondiale où le crédit reste cher pour ceux qui en ont le plus besoin.
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