Nigeria : les États locaux, clé pour débloquer les investissements, selon les experts
Au forum Nigeria-Afrique du Sud à Lagos, des économistes ont averti que la croissance nigériane dépendra de la capacité des États et collectivités locales à appliquer des politiques favorables aux entreprises et aux infrastructures.

Réunis à Lagos pour le Nigeria-South Africa Forum, des experts ont livré un message direct aux décideurs : sans politiques locales solides, les investissements étrangers continueront de bouder le pays. Leur argument tient en une phrase : les grandes annonces fédérales ne suffisent plus si les États et les collectivités locales ne créent pas un environnement où les entreprises peuvent opérer, construire et embaucher. Routes impraticables, permis à répétition, fiscalité locale imprévisible — autant de freins que les investisseurs sud-africains présents dans la salle ont cité comme des obstacles concrets.
Le forum a mis en lumière un décalage persistant entre Abuja et les territoires. Les experts ont rappelé que chaque État fixe ses propres règles d’accès au foncier, ses taxes et ses délais administratifs. Résultat : un investisseur peut obtenir un accord fédéral et se heurter à un blocage local pendant des mois. Dans un pays qui cherche à attirer des capitaux dans l’agro-industrie, les mines et le numérique, cette fragmentation coûte cher. Les intervenants ont cité des exemples de projets bloqués faute de coordination entre les niveaux de gouvernement.
Au-delà des infrastructures, c’est la prévisibilité qui manque. Les experts ont plaidé pour des contrats clairs, des guichets uniques régionaux et un calendrier fiscal stable. Ils ont aussi insisté sur la formation locale : les entreprises sud-africaines présentes ont affirmé qu’elles investiraient davantage si elles trouvaient sur place une main-d’œuvre qualifiée et des chaînes d’approvisionnement fiables. Le message est simple : l’investissement ne se décrète pas depuis un ministère, il se construit dans chaque État, chaque ville, chaque zone industrielle.
La balle est désormais dans le camp des gouverneurs. Les experts ont proposé un mécanisme de suivi annuel des réformes locales, avec des indicateurs publics sur les délais de création d’entreprise et l’accès aux terrains. Sans cette pression, les bonnes intentions fédérales resteront lettre morte. Le Nigeria a les ressources et le marché. Il lui manque encore la mécanique locale qui transforme ces atouts en projets bancables.
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