Pénurie de gaz et faible hydraulicité : le gouvernement nigérian explique les coupures de courant
Le Nigerian Independent System Operator attribue les récentes chutes de production électrique aux difficultés d'approvisionnement en gaz des centrales thermiques et à la baisse du débit des barrages hydroélectriques.

Le gouvernement fédéral nigérian a reconnu ce qui était devenu une évidence pour des millions de foyers : les coupures de courant qui se multiplient depuis plusieurs semaines ne sont pas un accident de parcours. Par la voix du Nigerian Independent System Operator (NISO), l'exécutif pointe deux causes précises. D'un côté, les centrales thermiques manquent de gaz. De l'autre, les barrages hydroélectriques tournent au ralenti faute d'apports d'eau suffisants. Résultat : la production nationale d'électricité décroche, et le réseau distribue au compte-gouttes.
La dépendance au gaz est le talon d'Achille du système électrique nigérian. Une grande partie des centrales thermiques du pays fonctionnent au gaz naturel, mais l'approvisionnement reste fragile : infrastructures vieillissantes, vandalisme sur les pipelines, contrats d'achat peu incitatifs pour les producteurs. Quand le gaz arrive en quantité insuffisante, les turbines s'arrêtent et la capacité disponible s'effondre. Les barrages, eux, subissent la variabilité climatique. Cette année, les précipitations ont été en retard dans plusieurs bassins versants, ce qui réduit le débit entrant dans les retenues et donc la production hydroélectrique.
Pour les ménages et les entreprises, l'addition est salée. Les générateurs à essence ou au diesel prennent le relais, avec la facture de carburant qui grimpe. Les petites entreprises qui dépendent de l'électricité pour travailler voient leurs coûts de production augmenter. Dans un pays où l'inflation reste élevée, chaque coupure pèse un peu plus sur le budget des familles. Les autorités n'ont pas annoncé de calendrier précis pour un retour à la normale, ce qui entretient l'incertitude chez les opérateurs économiques.
La crise actuelle rappelle que le Nigeria doit régler deux problèmes de fond : sécuriser l'approvisionnement en gaz pour ses centrales et diversifier son mix énergétique. Les projets solaires et hydroélectriques avancent, mais lentement au regard de la demande. En attendant, le réseau reste exposé au moindre incident sur les pipelines ou à une saison des pluies capricieuse. Les coupures de ces dernières semaines ne sont pas une anomalie isolée : elles dessinent un risque structurel que le gouvernement devra traiter s'il veut éviter que la croissance économique ne trébuche sur des déficits d'électricité récurrents.
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