Rivers et Osun : retards dans la publication budgétaire, un risque pour leur financement
Deux États nigérians ne publient pas leurs rapports d'exécution budgétaire à temps, ce qui complique leur accès aux prêts et inquiète les investisseurs et les agences de notation.

Les États de Rivers et d'Osun traînent à publier leurs rapports d'exécution budgétaire. Ce ne sont pas de simples retards administratifs : les bailleurs de fonds, les investisseurs et les agences de notation s'appuient sur ces documents pour évaluer la santé financière d'un État. Sans eux, impossible de savoir si les recettes tiennent, si les dépenses dérapent ou si la dette reste sous contrôle. Résultat : les prêteurs exigent des taux plus élevés, ou refusent tout simplement de financer. Sur le marché obligataire nigérian, les États qui publient leurs comptes à temps empruntent moins cher. Les autres paient cette opacité cash.
Le problème n'est pas propre à ces deux États. Plusieurs gouvernements locaux au Nigeria ne respectent pas les délais de publication imposés par le Code fiscal et les règles de transparence. Mais Rivers et Osun cumulent les mauvais signaux : budgets votés en retard, rapports trimestriels manquants, et des écarts importants entre les prévisions et la réalité des recettes. Les agences de notation suivent ces indicateurs de près. Une note dégradée, et c'est toute la capacité d'emprunt qui se réduit, au moment où les besoins en infrastructures augmentent.
Pour les opérateurs économiques, ce flou budgétaire complique la lecture des risques. Les fournisseurs qui travaillent avec ces États hésitent à s'engager sur des contrats longs. Les banques locales intègrent une prime de risque dans leurs taux. Et les citoyens, eux, voient les projets publics s'étaler ou s'arrêter faute de financement. La transparence budgétaire n'est pas un exercice de style : c'est ce qui permet à un État d'emprunter à un coût raisonnable. Quand les rapports manquent, tout le monde paie plus cher.
À terme, la pression pourrait venir des autorités fédérales. Abuja conditionne déjà certains transferts et prêts à la publication des comptes. Si Rivers et Osun ne redressent pas la barre, ils risquent de se retrouver isolés sur le marché du crédit. D'autres États, comme Lagos ou Kaduna, ont compris l'enjeu : ils publient leurs rapports dans les délais et négocient de meilleures conditions. La différence se joue sur un détail qui n'en est pas un : la discipline de publication.
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