Prix de l'essence au Nigeria : le régulateur laisse jouer le marché
La NMDPRA affirme ne fixer aucun prix à la pompe et laisse les forces du marché déterminer le tarif de l'essence, tout en renforçant la surveillance contre les abus.

La Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA) a tranché : elle ne fixe pas les prix de l'essence à la pompe. Dans un communiqué publié cette semaine, le régulateur rappelle que depuis l'entrée en vigueur du Petroleum Industry Act en 2021, les tarifs du carburant sont déterminés par les forces du marché. Autrement dit, ni l'Agence ni le ministère du Pétrole n'imposent de grille tarifaire. La NMDPRA précise aussi qu'elle n'émet aucun modèle administratif de prix, contrairement à ce que certains opérateurs ou observateurs laissent entendre. Une mise au point qui intervient alors que les prix à la pompe fluctuent fortement d'un État à l'autre, et que les consommateurs cherchent des repères.
Dans les faits, le prix de l'essence dépend de plusieurs facteurs : le coût d'importation, le taux de change naira-dollar, les frais de transport et de stockage, ainsi que la marge des distributeurs. La dépréciation du naira ces derniers mois a mécaniquement renchéri les importations de produits pétroliers, ce qui s'est répercuté sur les prix payés par les automobilistes. À Lagos, un litre d'essence tourne autour de 600 à 650 nairas selon les stations, contre moins de 200 nairas avant la fin des subventions en 2023. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque hausse du carburant pèse sur les dépenses quotidiennes des familles qui reçoivent de l'argent de l'étranger.
Le régulateur ne compte pas rester les bras croisés. La NMDPRA annonce intensifier sa surveillance contre la diversion de produits, les prix abusifs, les ententes entre opérateurs et autres pratiques anticoncurrentielles. Des équipes de contrôle seront déployées dans les dépôts et les stations-service pour vérifier la conformité des volumes et des prix affichés. Cette pression intervient dans un contexte où les files d'attente aux stations et les ruptures d'approvisionnement restent fréquentes dans plusieurs régions, notamment dans le nord du pays. Les opérateurs, eux, réclament plus de clarté sur les règles du jeu et dénoncent parfois des contrôles jugés tatillons.
La décision de la NMDPRA s'inscrit dans une libéralisation progressive du secteur aval, amorcée avec la fin des subventions sur l'essence en mai 2023. Mais elle laisse entière la question du pouvoir d'achat des Nigérians, déjà éprouvé par une inflation à deux chiffres. Sans subvention ni prix administré, le marché devient le seul arbitre — avec ses hauts et ses bas. Pour les autorités, l'enjeu est double : éviter la pénurie tout en empêchant les abus. Une équation difficile à tenir, surtout à l'approche de la saison sèche, quand la demande en carburant grimpe pour les groupes électrogènes.
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