La dette extérieure des pays en développement atteint un record de 9 400 milliards de dollars
La Banque mondiale s'inquiète de la hausse de 5,5 % de la dette extérieure des pays en développement en 2025, à 9 400 milliards de dollars, tirée par les emprunts privés et le retour aux marchés obligataires internationaux.

La Banque mondiale a tiré la sonnette d'alarme lundi : la dette extérieure des pays en développement a bondi de 5,5 % en 2025 pour atteindre 9 400 milliards de dollars, un niveau record. L'institution pointe du doigt le recours accru aux créanciers privés et le retour des émissions obligataires internationales, après deux années de fermeture des marchés pour de nombreux Etats. Le Nigeria, premier marché obligataire d'Afrique subsaharienne, a lui-même émis pour 2,2 milliards de dollars en début d'année, illustrant cette tendance.
Cette dynamique s'explique par des besoins de financement criants : déficits budgétaires creusés par les subventions énergétiques, choc des taux de change et ralentissement des échanges. Les pays à revenu intermédiaire, comme le Nigeria ou le Ghana, ont retrouvé l'accès aux marchés, mais à des taux nettement plus élevés qu'avant la pandémie. La facture d'intérêts explose : la Banque mondiale estime que les pays en développement consacrent désormais 12 % de leurs recettes publiques au service de la dette, contre 7 % il y a dix ans.
Pour les ménages et les entreprises de la zone, cette contrainte budgétaire se traduit par des ajustements concrets : réduction des subventions, hausse des tarifs publics, pression sur les réserves de change. Le Naira, déjà fragilisé, reste sous tension, et les autorités monétaires nigérianes doivent arbitrer entre soutenir la croissance et contenir l'inflation. Dans ce contexte, les plateformes de transfert comme SendXOF suivent de près l'évolution des taux de change, car chaque fluctuation du Naira ou du FCFA modifie le coût réel des envois de fonds de la diaspora.
La Banque mondiale appelle à une meilleure gestion de la dette, mais les marges de manœuvre restent étroites. Les créanciers privés détiennent désormais 40 % de la dette extérieure des pays en développement, contre 30 % en 2010. Cette fragmentation complique les restructurations et expose les Etats à des taux variables. Sans croissance forte ni réduction des déficits, le fardeau de la dette continuera de peser sur les budgets et sur les monnaies locales, avec des effets directs sur le pouvoir d'achat des populations.
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