Pétrole nigérian : un ex-dirigeant du LCCI réclame la transparence sur les licences d'importation
Muda Yusuf, économiste et ancien directeur général de la Chambre de commerce de Lagos, demande au régulateur nigérian de publier le déficit d'essence avant d'accorder des licences d'importation. Il veut ainsi protéger la production locale, notamment celle de la raffinerie Dangote.

Muda Yusuf, économiste respecté et ancien directeur général de la Chambre de commerce et d'industrie de Lagos, a interpellé vendredi le régulateur nigérian des produits pétroliers. Sa demande : rendre publiques les données sur le déficit d'essence du pays avant de délivrer de nouvelles licences d'importation aux opérateurs. Une manière de s'assurer que les importations ne viennent pas étouffer la production locale, en particulier celle de la raffinerie Dangote, située à Lekki.
Pour Yusuf, cette transparence est essentielle pour donner de la visibilité aux producteurs locaux. La raffinerie de Dangote, qui a commencé à livrer de l'essence sur le marché nigérian en 2024, tourne encore en dessous de sa pleine capacité. Publier les chiffres du déficit permettrait de calibrer les importations en fonction des besoins réels, sans décourager les investissements dans le raffinage domestique. Une position qui rejoint les critiques récentes de Dangote lui-même, qui accuse certains importateurs de contourner les règles.
Le débat intervient dans un contexte où le Nigeria cherche à réduire sa dépendance aux carburants importés, un enjeu majeur pour l'économie du pays. Chaque année, l'importation d'essence pèse lourdement sur les réserves de change, déjà fragilisées par la chute des revenus pétroliers. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la pression sur le naira reste forte. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.
La décision revient désormais à l'Autorité nigériane de régulation du pétrole en aval (NMDPRA). Si elle suit la recommandation de Yusuf, elle devra publier des données précises sur l'offre et la demande d'essence. Un pas de plus vers une gestion plus transparente du secteur, mais aussi un test pour la crédibilité des réformes économiques en cours.
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