Pétrole : le Nigeria durcit les règles pour importer de l'essence
La NMDPRA conditionne désormais les licences d'importation d'essence à des critères de mérite publiés et à une évaluation vérifiable des pénuries, alors que le raffinage local monte en puissance.

La Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA) a annoncé vendredi 27 octobre un tour de vis sur les licences d'importation d'essence. Fini les approbations discrétionnaires : chaque demande devra désormais répondre à des critères de mérite publiés et à une évaluation vérifiable des pénuries d'approvisionnement. Le patron de l'agence, Rabiu Umar, a présenté la mesure comme un moyen de discipliner un secteur où les autorisations circulaient parfois sans justification économique claire. Concrètement, un importateur devra prouver que le marché manque réellement de carburant pour obtenir le feu vert.
Cette décision intervient alors que la raffinerie Dangote monte en régime et que la production locale de produits raffinés progresse. Le gouvernement nigérian veut réduire sa dépendance aux importations de essence, qui pèsent lourdement sur les réserves de devises. En liant les licences à des besoins avérés, la NMDPRA espère éviter les importations de confort qui alimentent la pression sur le naira. Les opérateurs devront s'adapter à une procédure plus transparente, mais aussi plus exigeante.
Pour les acteurs du secteur, le changement est majeur. Les grands importateurs, habitués à des relations privilégiées avec l'administration, devront désormais documenter chaque demande. Les petits opérateurs, eux, pourraient y voir une opportunité si les critères sont réellement objectifs. La NMDPRA promet une publication régulière des critères et des évaluations, ce qui devrait permettre un meilleur suivi par la société civile et les analystes. Reste à savoir si l'agence appliquera ces règles avec la même rigueur pour tous.
Cette réforme s'inscrit dans une stratégie plus large de libéralisation du marché pétrolier nigérian, amorcée avec la fin des subventions sur l'essence en 2023. En rendant les licences plus difficiles à obtenir, Abuja cherche à la fois à économiser des devises et à stimuler le raffinage local. Les prochains mois diront si cette approche porte ses fruits ou si elle crée de nouvelles pénuries. Une chose est sûre : le temps des importations faciles est révolu.
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