Olam Agri mise 400 millions de dollars sur la transformation alimentaire en Afrique
Le géant agricole Olam Agri prévoit d'investir 400 millions de dollars d'ici 2028, dont la construction de nouvelles usines d'aliments pour animaux au Nigeria, au Cameroun et en Côte d'Ivoire.

Olam Agri ne fait pas dans la demi-mesure. Le négociant en matières premières agricoles, filiale du singapourien Olam Group, a annoncé mardi un plan d'investissement de 400 millions de dollars (environ 245 milliards de FCFA) dans la transformation alimentaire en Afrique d'ici 2028. Au programme : la construction de nouvelles usines de production d'aliments pour animaux au Nigeria, au Cameroun et en Côte d'Ivoire. L'objectif est simple : capter la demande croissante des éleveurs locaux, qui dépendent encore massivement d'importations coûteuses.
Le Nigeria, premier marché du groupe sur le continent, devrait absorber une part importante de cette enveloppe. Olam Agri y exploite déjà des minoteries et des rizeries, et veut désormais renforcer sa présence dans la nutrition animale. Avec une population de plus de 220 millions d'habitants et une classe moyenne qui s'élargit, la demande en protéines animales – volaille, poisson, œufs – grimpe. Les éleveurs nigérians, eux, peinent à trouver des aliments de qualité à prix stable. La nouvelle usine devrait réduire cette dépendance.
Au Cameroun et en Côte d'Ivoire, le groupe mise sur le même modèle : produire localement pour approvisionner les élevages de la sous-région. Cette stratégie s'inscrit dans un contexte où les monnaies locales – naira, franc CFA – ont connu des turbulences, rendant les importations d'aliments pour animaux de plus en plus onéreuses. Pour les opérateurs de la filière, produire sur place devient une question de survie économique. Olam Agri, lui, y voit une opportunité de prendre des parts de marché face aux importateurs traditionnels.
Reste à savoir si ces investissements se concrétiseront au rythme annoncé. Le groupe n'a pas précisé le calendrier exact ni la répartition des sommes par pays. Mais le signal est clair : malgré un environnement macroéconomique difficile, Olam Agri parie sur la transformation locale pour tirer son épingle du jeu. Les autorités nigériannes, qui cherchent à réduire la facture des importations alimentaires, devraient accueillir favorablement ce type de projets. La balle est maintenant dans le camp des États, qui devront garantir un cadre stable – énergie, foncier, fiscalité – pour que ces usines sortent de terre.
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