Nigeria : EFInA conseille aux PME de chercher des financements hors des banques
La directrice générale d'EFInA, Foyinsolami Akinjayeju, appelle les petites et moyennes entreprises nigérianes à diversifier leurs sources de financement pour éviter un endettement insoutenable.

Foyinsolami Akinjayeju ne mâche pas ses mots. La directrice générale d'EFInA, une organisation nigériane qui promeut l'inclusion financière, a lancé un avertissement clair aux petites et moyennes entreprises du pays : elles ne peuvent plus compter uniquement sur les crédits bancaires pour grandir. Selon elle, cette dépendance expose les PME à des taux d'intérêt élevés et à des conditions de remboursement qui étranglent leur trésorerie. Le message a été relayé lundi par le quotidien Punch, en marge d'un forum sur le financement des entreprises.
Le constat n'est pas nouveau, mais il prend un relief particulier dans le contexte actuel. Les banques nigérianes prêtent cher, très cher. Le taux directeur de la Banque centrale du Nigeria (CBN) reste au-dessus de 18 %, ce qui renchérit le coût du crédit pour les entreprises. Résultat : beaucoup de PME se tournent vers des prêts à court terme, souvent pour financer des besoins de fonds de roulement, et se retrouvent asphyxiées. Akinjayeju plaide pour une approche plus diversifiée : capital-investissement, financement participatif, subventions, partenariats stratégiques, ou encore instruments de dette mezzanine. Bref, tout ce qui permet de partager le risque plutôt que de le concentrer sur les épaules d'un seul entrepreneur.
Cette recommandation intervient alors que le gouvernement nigérian multiplie les initiatives pour soutenir les PME, qui représentent une part importante du PIB et de l'emploi. Mais les dispositifs publics restent souvent mal connus ou difficiles d'accès. EFInA, qui travaille depuis des années sur l'inclusion financière, insiste sur la nécessité d'éduquer les dirigeants de PME aux différents outils de financement. Pour la diaspora ouest-africaine qui investit dans des projets au Nigeria, cette évolution change la donne : les canaux de financement alternatifs, y compris les plateformes numériques, deviennent des relais crédibles pour accompagner la croissance des entreprises locales.
Reste à voir si les PME suivront. Beaucoup restent attachées au crédit bancaire classique, perçu comme plus simple et plus rapide. Mais avec des taux qui dépassent parfois 30 % pour les petites structures, l'alternative devient une question de survie. Les entreprises qui sauront mixer les sources de financement — bancaires, non bancaires, et pourquoi pas internationales — seront mieux armées pour traverser les turbulences monétaires que connaît le pays. D'autres, engluées dans des prêts toxiques, risquent de disparaître. Le choix est clair, et le temps presse.
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