Nigeria : un ministre appelle les diplômés à privilégier les compétences sur les certificats
Le ministre d'État à la Santé, le Dr Iziaq Salako, exhorte les jeunes diplômés nigérians à développer des compétences pratiques et à faire preuve d'intégrité, plutôt que de compter uniquement sur leurs diplômes académiques.

Le Dr Iziaq Salako, ministre d'État à la Santé, a profité d'une cérémonie de remise de diplômes pour lancer un message sans détour aux jeunes Nigérians : le certificat académique ne suffit plus. Selon lui, les employeurs cherchent désormais des profils capables de résoudre des problèmes concrets, pas des accumulations de parchemins. Il a pris l'exemple des formations techniques et professionnelles, qui offrent souvent des débouchés plus rapides que certains cursus universitaires classiques. Le discours a été prononcé dans un contexte où le chômage des jeunes reste élevé au Nigeria, et où de nombreux diplômés enchaînent les stages non rémunérés en attendant un poste stable.
Le ministre a également mis l'accent sur l'intégrité, estimant qu'un professionnel compétent mais malhonnête est un danger pour son employeur et pour la société. Il a appelé les établissements d'enseignement à intégrer davantage de modules pratiques et d'éthique professionnelle dans leurs programmes. Cette sortie intervient alors que le gouvernement nigérian multiplie les annonces en faveur de l'entrepreneuriat et de la formation professionnelle, avec des budgets encore modestes comparés aux besoins du pays le plus peuplé d'Afrique.
Sur le terrain, les jeunes diplômés sont nombreux à se tourner vers des formations courtes en informatique, en marketing digital ou en gestion de projet, parfois financées par des plateformes privées. Les universités nigérianes, elles, peinent à suivre le rythme des mutations technologiques, et les grèves récurrentes du corps enseignant ont fragilisé la qualité des cursus. Le discours du Dr Salako rejoint les préoccupations de nombreuses entreprises, qui se plaignent de devoir former elles-mêmes leurs nouvelles recrues sur des compétences de base.
Reste à voir si cet appel se traduira par des mesures concrètes. Pour l'instant, il s'agit surtout d'un signal envoyé aux jeunes et aux familles, qui continuent souvent de privilégier les diplômes universitaires comme garantie de statut social. La transition vers une économie plus axée sur les compétences prendra du temps, et dépendra autant des décisions politiques que de l'évolution du marché du travail.
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