Nigeria : un ex-régulateur réclame un cadre biosécurité plus solide
L'ancien directeur de l'Agence nationale de biosécurité (NBMA), Rufus Ebegba, appelle à renforcer les institutions, la recherche et la régulation pour tirer profit des biotechnologies sans mettre en danger la santé et l'environnement.

La biotechnologie promet des rendements agricoles accrus, des médicaments innovants et des solutions industrielles. Mais au Nigeria, son développement se heurte à un cadre réglementaire encore fragile. Rufus Ebegba, qui a dirigé l'Agence nationale de biosécurité (NBMA) à sa création, tire la sonnette d'alarme : sans institutions plus fortes et des capacités de recherche étoffées, le pays risque de rater le coche ou, pire, de subir des accidents.
Ebegba insiste sur la nécessité d'une biosécurité rigoureuse, qui protège à la fois la santé humaine et l'environnement. Il plaide pour des systèmes de contrôle efficaces et des laboratoires bien équipés, capables d'évaluer les risques liés aux organismes génétiquement modifiés. Le Nigeria explore déjà des applications concrètes, comme le coton Bt ou le niébé résistant aux insectes, mais les experts estiment que le potentiel est bien plus vaste.
Cette dynamique s'inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique, où la biotechnologie pourrait créer des emplois et réduire la dépendance aux importations. Pour les acteurs locaux, la clé reste la confiance : les citoyens doivent adhérer aux innovations, ce qui suppose une transparence totale et une communication claire sur les bénéfices et les risques. Un défi de taille dans un pays où les rumeurs sur les OGM circulent vite.
En définitive, le Nigeria joue une partie décisive. Il peut devenir un pôle régional de la biotechnologie, à condition de poser des fondations solides. Le plaidoyer d'Ebegba résonne comme un appel à l'action : investir dans la recherche, former les régulateurs et bâtir une gouvernance exemplaire. Sans cela, les promesses de la biotechnologie resteront lettre morte.
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