Nigeria : un accord de deux ans pour doper les semences certifiées
Le Conseil national des semences et la fondation PIND s'associent pour développer les entreprises semencières locales, renforcer le contrôle qualité et attirer des investissements dans la filière nigériane.

Le Conseil national des semences du Nigeria (NASC) et la fondation PIND ont signé un partenariat de deux ans pour élargir l'accès aux semences certifiées. L'accord vise à multiplier les entreprises semencières communautaires, à durcir les contrôles de qualité et à faire venir des capitaux dans une filière encore largement informelle. Au Nigeria, une bonne partie des agriculteurs utilisent des semences non certifiées, ce qui plombe les rendements. Le pays veut produire plus pour réduire sa facture alimentaire, qui a explosé avec la chute du naira.
Le NASC, agence fédérale chargée de réguler le secteur, mise sur PIND, une organisation de développement active dans le delta du Niger, pour structurer la chaîne locale. Concrètement, il s'agit d'accompagner des coopératives et des petites entreprises semencières, de la production à la vente, en passant par la certification. L'objectif est double : rendre les semences de qualité disponibles dans les zones rurales et créer des emplois dans des régions où l'agriculture reste le principal filet de sécurité.
Le Nigeria importe encore une part importante de ses semences améliorées, notamment pour le riz, le maïs et le soja. Développer une industrie locale réduit la dépendance aux devises étrangères et protège les agriculteurs des variations de change. Pour les opérateurs, c'est aussi un signal : le gouvernement veut sécuriser la production alimentaire et encourager les investissements dans les intrants. La Banque africaine de développement estime que le pays doit augmenter sa production agricole de 6 % par an pour nourrir une population qui dépassera 230 millions d'habitants en 2030.
Reste à voir si ce type de partenariat change l'échelle. Les précédents accords ont souvent buté sur le financement des petits producteurs et sur la logistique. Le NASC promet un suivi trimestriel et des objectifs chiffrés. Pour les agriculteurs, l'enjeu est simple : des semences fiables, un rendement meilleur, des revenus moins erratiques. La balle est dans le camp des exécutants.
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