Soludo : le Nigeria a besoin de 9 % de croissance annuelle pour réduire la pauvreté
Le gouverneur de l'État d'Anambra, Chukwuma Soludo, estime que la croissance actuelle de 4 % est insuffisante pour créer des emplois et améliorer le niveau de vie. Il plaide pour un rythme de 9 % par an.

Chukwuma Soludo ne mâche pas ses mots. Le gouverneur de l'État d'Anambra, ancien patron de la Banque centrale du Nigeria, a déclaré que le pays devait atteindre une croissance économique d'au moins 9 % par an pour faire reculer la pauvreté de manière significative. Le rythme actuel, autour de 4 %, ne suffit pas, selon lui, à créer assez d'emplois et à améliorer les conditions de vie d'une population qui dépasse les 200 millions d'habitants. Soludo s'exprimait lors d'un événement public dans son État, sans préciser de calendrier pour atteindre cet objectif.
Le diagnostic n'est pas nouveau, mais il prend un relief particulier dans la bouche d'un ancien banquier central. Le Nigeria a beau être la première économie du continent, sa croissance reste fragile et dépendante du pétrole. Les secteurs qui emploient le plus de jeunes — agriculture, services informels, petites entreprises — manquent de capitaux et d'infrastructures. Résultat : même quand le PIB progresse, le chômage et la pauvreté ne reculent pas assez vite. Soludo chiffre le déficit de croissance à cinq points de pourcentage, un écart considérable.
Pour combler ce trou, il faudrait des investissements massifs dans l'énergie, les transports et l'éducation, estime le gouverneur. Des plateformes numériques comme SendXOF, qui facilitent les transferts entre le Nigeria et la zone CFA, observent d'ailleurs que la diaspora joue un rôle croissant dans le financement des petites entreprises locales. Mais les envois d'argent ne remplaceront pas une politique industrielle ambitieuse. Soludo appelle à un changement de modèle, moins dépendant des recettes pétrolières et plus tourné vers la production locale.
Son message s'adresse aussi au gouvernement fédéral, à quelques mois d'échéances électorales dans plusieurs États. La croissance à deux chiffres n'est pas un slogan : c'est une condition pour stabiliser un pays où la jeunesse représente une bombe démographique. Sans emplois, les tensions sociales et sécuritaires risquent de s'aggraver. Le gouverneur d'Anambra le sait : le Nigeria n'a pas besoin de promesses, mais d'un cap économique crédible.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Le Mozambique mise sur l'or local pour doper ses réserves de change
La banque centrale du Mozambique veut acheter l'or produit sur son sol pour diversifier ses réserves internationales, une stratégie qui pourrait réduire sa dépendance aux devises étrangères.

Nigeria : le coût du crédit freine l'industrialisation agricole
Le directeur général de Johnvents Group estime que les taux d'intérêt élevés empêchent les transformateurs agricoles de passer à l'échelle, alors que le pays exporte encore trop de matières premières brutes.

Le Nigeria freiné par ses écosystèmes industriels défaillants, selon Sterling Bank
Infrastructures lacunaires, pénurie de main-d'œuvre qualifiée et chaînes de valeur fragmentées : Sterling Bank pointe les goulets d'étranglement qui empêchent les entreprises nigérianes de passer à l'échelle.