Nigeria et pays en développement réclament une refonte de la fiscalité mondiale
Le Nigeria et d'autres pays en développement ont relancé leur appel à une réforme du système fiscal international, dénonçant l'exploitation des économies émergentes et l'évasion fiscale des multinationales. Une position portée lors des négociations de l'ONU à New York.
Le Nigeria et une vingtaine d'autres pays en développement ont profité de la cinquième session de négociations sur la coopération fiscale internationale, tenue à New York, pour réitérer leur exigence d'un système fiscal mondial plus équitable. Ils dénoncent un cadre actuel qui, selon eux, favorise les grandes puissances économiques et laisse trop de marge de manœuvre aux multinationales pour minimiser leurs impôts. Le représentant nigérian a rappelé que son pays perd chaque année des milliards de dollars en recettes fiscales à cause de mécanismes d'optimisation agressive.
Cette offensive s'inscrit dans une dynamique plus large portée par la Global Alliance for Tax Justice (GATJ), une coalition qui regroupe des organisations de la société civile et des gouvernements du Sud. Leur objectif : créer un organisme intergouvernemental sous l'égide de l'ONU, capable de définir des règles communes et contraignantes. Aujourd'hui, les négociations sont largement dominées par l'OCDE, dont les propositions, comme le pilier sur la taxation minimale à 15 %, sont jugées insuffisantes par les pays africains. Pour la diaspora ouest-africaine, ces discussions peuvent sembler lointaines, mais elles ont un impact direct sur la santé des économies locales, et donc sur la valeur des monnaies et le coût des transferts de fonds.
Les pays en développement avancent des propositions concrètes. Ils demandent notamment une imposition plus lourde des géants du numérique, dont les profits sont souvent enregistrés dans des paradis fiscaux, et un mécanisme de résolution des litiges qui ne soit plus contrôlé par les pays riches. Le Nigeria, première économie du continent, a un intérêt particulier dans ce combat : ses recettes pétrolières sont volatiles, et une fiscalité internationale plus juste lui permettrait de diversifier ses sources de revenus. Les négociations doivent se poursuivre jusqu'en 2027, mais les positions restent très éloignées.
En attendant, les pays africains multiplient les initiatives unilatérales. Certains, comme le Kenya ou le Ghana, ont déjà introduit des taxes sur les services numériques. Le Nigeria, lui, a renforcé les contrôles sur les transferts de fonds et les transactions transfrontalières. Ces mesures, si elles ne remplacent pas une vraie réforme mondiale, montrent une volonté de reprendre la main sur leur base fiscale. Reste à voir si la pression collective aboutira à un accord ambitieux, ou si les grandes puissances parviendront une fois de plus à diluer les avancées.
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