Nigeria LNG : le gouverneur Makinde dénonce le blocage des dividendes dus aux États
Seyi Makinde, gouverneur de l'État d'Oyo, relance le débat sur les dividendes de Nigeria LNG retenus par le gouvernement fédéral, privant selon lui les États de recettes essentielles.

Le gouverneur de l'État d'Oyo, Seyi Makinde, a remis sur la table un dossier qui empoisonne les relations entre Abuja et les États fédérés depuis des années : les dividendes de Nigeria LNG (NLNG) que le gouvernement fédéral ne reverse pas. Selon lui, ces fonds, qui devraient revenir aux États, sont bloqués et privent les collectivités de ressources attendues. La NLNG, coentreprise détenue à 49 % par l'État fédéral via la NNPC, à 25,6 % par Shell, à 15 % par TotalEnergies et à 10,4 % par Eni, génère chaque année des profits considérables. Une partie de ces dividendes revient théoriquement aux trois niveaux de gouvernement, mais leur répartition fait l'objet de contentieux récurrents.
Makinde ne parle pas dans le vide. Il dirige un État qui dépend fortement des allocations fédérales et des recettes pétrolières pour boucler son budget. Quand les dividendes NLNG tardent, ce sont des routes, des écoles ou des centres de santé qui attendent. Le gouverneur, également membre du Parti démocratique populaire (PDP), inscrit sa sortie dans un contexte politique tendu, à l'approche des échéances électorales. Il accuse le pouvoir central de retenir des fonds qui ne lui appartiennent pas en propre, une critique que partagent plusieurs de ses homologues des États producteurs de pétrole.
Le problème est structurel. La NLNG verse ses dividendes à la NNPC, qui les reverse au Trésor fédéral. La loi sur la répartition des revenus prévoit ensuite une redistribution aux États et aux collectivités locales. Mais dans les faits, les montants effectivement transférés sont opaques, et les États n'ont pas de visibilité sur les calculs. Cette opacité nourrit la méfiance et alimente les appels à une réforme du système de partage. Pour les populations, l'enjeu est concret : moins de dividendes signifie moins de services publics dans des régions où les besoins sont immenses.
La sortie de Makinde intervient alors que le Nigeria cherche à attirer davantage d'investissements dans le gaz, secteur jugé stratégique pour la transition énergétique. Mais tant que la question des dividendes NLNG restera en suspens, les États fédérés continueront de réclamer leur dû, et la confiance entre Abuja et les gouvernements locaux restera fragile. Le dossier pourrait revenir devant les tribunaux ou au Conseil national économique, où les gouverneurs siègent. Une chose est sûre : sans transparence sur les flux financiers de NLNG, le contentieux n'est pas près de s'éteindre.
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