Nigeria : les industriels se réunissent à Lagos pour réduire la facture énergétique
La Manufacturers Association of Nigeria organise un sommet de deux jours à Lagos sur l'efficacité énergétique, alors que les coûts de l'électricité pèsent sur la compétitivité des usines nigérianes.

Les usines nigérianes paient l'électricité au prix fort. Pour tenter d'inverser la tendance, la Manufacturers Association of Nigeria (MAN) réunit à Lagos, à partir de mardi, industriels, régulateurs et fournisseurs de technologies pour un sommet de deux jours consacré à l'efficacité énergétique. Le président de la MAN, Ifeanyi Okoye, a présenté l'événement comme une réponse directe à la flambée des coûts de l'énergie, qui rogne les marges et freine l'investissement dans le tissu industriel local.
Le problème est structurel. Le réseau électrique national reste incapable de fournir une alimentation stable aux usines, qui se rabattent sur des groupes électrogènes au diesel. Une solution coûteuse, qui renchérit la production et rend les produits nigérians moins compétitifs face aux importations. Le sommet doit explorer les pistes d'optimisation : équipements moins gourmands, récupération de chaleur, contrats d'approvisionnement mieux négociés. Les organisateurs insistent aussi sur l'investissement dans des sources alternatives, solaire en tête, pour alléger la dépendance au carburant.
Pour les industriels, l'enjeu dépasse la simple facture. Chaque économie réalisée sur l'énergie est un point de compétitivité gagné, en particulier dans l'agroalimentaire et le textile, deux secteurs intensifs en main-d'œuvre. Le gouvernement nigérian, qui cherche à doper la production locale, suit le dossier de près : une énergie moins chère soutiendrait la politique de substitution aux importations. Les conclusions du sommet pourraient nourrir les discussions sur les incitations fiscales et les partenariats public-privé dans le secteur électrique.
Reste à voir si les bonnes intentions se traduiront en actes. Les sommets se succèdent au Nigeria sans toujours changer la donne sur le terrain. Cette fois, les industriels attendent des engagements chiffrés, notamment sur le financement des équipements économes en énergie. La balle est dans le camp des pouvoirs publics et des banques de développement, appelés à faciliter l'accès au crédit pour ces investissements. Faute de résultat rapide, la facture énergétique continuera de plomber la croissance manufacturière du pays.
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