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Nigeria : les importations de produits manufacturés bondissent à 18 000 milliards de nairas

Les importations de biens manufacturés ont grimpé de 16,9 % au premier semestre 2026, atteignant 18 000 milliards de nairas, selon le Bureau national de la statistique. Une dépendance croissante qui pèse sur les industriels locaux.

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Rédaction SendXOF

Publié le 18 septembre 2026

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Nigeria : les importations de produits manufacturés bondissent à 18 000 milliards de nairas

Le Nigeria a importé pour 18 000 milliards de nairas de produits manufacturés entre janvier et juin 2026. C'est 16,9 % de plus qu'à la même période l'an dernier, d'après les dernières statistiques du commerce extérieur publiées par le Bureau national de la statistique (NBS). En un semestre, la facture a donc augmenté de près de 2 600 milliards de nairas. Dans un pays qui produit encore trop peu de biens finis, ce chiffre dit une chose simple : l'économie nigériane achète de plus en plus à l'extérieur ce qu'elle pourrait fabriquer chez elle.

Les raisons ne sont pas mystérieuses. Le naira faible renchérit les intrants importés, mais il rend aussi les produits étrangers compétitifs face à une production locale handicapée par le coût de l'énergie, le mauvais état des routes et un accès au crédit limité. Résultat : les industriels nigérians perdent des parts de marché dans leur propre pays. Les importateurs, eux, continuent de commander. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque fluctuation du naira se répercute directement sur les montants envoyés et reçus.

Le gouvernement d'Olusegun Obasanjo a beau multiplier les discours sur la diversification, les chiffres racontent une autre histoire. La dépendance aux importations de biens manufacturés creuse le déficit commercial, met sous pression les réserves de change et fragilise un naira déjà malmené. Les secteurs qui résistent — agroalimentaire, ciment, engrais — montrent qu'une production locale compétitive est possible. Mais tant que l'électricité reste un casse-tête et que les ports coûtent cher, les usines nigériannes resteront à la traîne.

Ce bond de 17 % n'est pas un accident de parcours. Il confirme une tendance lourde : le Nigeria importe plus qu'il ne transforme, et sa base industrielle ne suit pas le rythme de sa population. Sans un choc d'investissement dans l'énergie et les infrastructures, le pays continuera de payer en devises fortes des biens qu'il pourrait produire. Les prochains chiffres du NBS diront si ce mouvement s'installe ou s'inverse. Pour l'instant, rien ne pointe dans la bonne direction.

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