Nigeria : les importations de biens manufacturés bondissent de 17 % à 18 000 milliards de nairas
Les importations nigérianes de produits manufacturés ont atteint 18 000 milliards de nairas au premier semestre 2026, en hausse de 16,9 % sur un an, selon le Bureau national de la statistique.

Le Nigeria a importé pour 18 000 milliards de nairas de biens manufacturés entre janvier et juin 2026. C'est 16,9 % de plus qu'à la même période l'an dernier, d'après les dernières statistiques du commerce extérieur publiées par le Bureau national de la statistique (NBS). Le chiffre était déjà élevé en 2025 ; il franchit cette fois la barre des 18 000 milliards. Dans un pays qui importe massivement des produits finis, cette progression illustre une dépendance qui ne se résorbe pas, malgré les discours répétés sur la diversification industrielle.
Les industriels locaux encaissent directement la facture. Entre le coût du dollar, les droits de douane et la concurrence des produits importés, les marges se compriment. Les secteurs du textile, de l'agroalimentaire et de la chimie sont les plus exposés. Beaucoup d'usines tournent en sous-capacité et licencient par vagues. Le Naira, qui a perdu du terrain face au dollar ces derniers mois, renchérit chaque commande de matières premières ou de pièces détachées venues de l'étranger. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, alors que les flux de devises vers le pays restent un appui important pour les ménages.
Le gouvernement nigérian mise sur les zones franches et les crédits à l'industrie pour inverser la tendance. Mais les résultats tardent. La production manufacturière progresse moins vite que les importations, et l'écart se creuse. Les entreprises qui pourraient fabriquer localement préfèrent souvent importer, faute de financement abordable ou d'infrastructures fiables. L'électricité reste un problème : plusieurs États du Sud ont encore des coupures quotidiennes qui renchérissent la production.
La hausse des importations manufacturières pèse sur la balance commerciale. Elle absorbe des devises rares et fragilise le Naira, déjà sous pression. Tant que l'industrie locale ne pourra pas répondre à la demande intérieure, le pays restera exposé aux chocs extérieurs. Les chiffres du NBS confirment une tendance lourde : importer coûte de plus en plus cher, et produire sur place reste difficile.
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