Nigeria : les entrées de portefeuille atteignent 7,09 milliards de dollars, l'investissement direct patine
La Banque centrale du Nigeria annonce une hausse de 17,6 % des flux de portefeuille au deuxième trimestre 2026, à 7,09 milliards de dollars. Les investissements directs, eux, restent à la traîne, révélant une économie qui attire les capitaux volatils plus que les engagements durables.

Les chiffres sont tombés lundi : 7,09 milliards de dollars sont entrés au Nigeria sous forme d'investissements de portefeuille au deuxième trimestre 2026, contre 6,03 milliards au premier. Soit une progression de 17,6 % en trois mois, selon la Banque centrale du Nigeria (CBN). Cette accélération tranche avec la langueur des investissements directs étrangers, ces capitaux qui financent des usines, des infrastructures ou des filiales durables. Les portefeuilles, eux, bougent vite : obligations, actions, bons du Trésor. Ils entrent quand le rendement est là, repartent dès que le vent tourne.
Pourquoi cet afflux ? Les taux d'intérêt nigérians restent élevés, et les investisseurs internationaux cherchent du rendement. La CBN a maintenu une politique monétaire restrictive pour contenir l'inflation, ce qui rend les titres publics attractifs. Mais cette manne a un revers : elle est volatile. Un changement de cap de la Fed, une tension sur le naira, et ces milliards peuvent refluer aussi vite qu'ils sont venus. Les autorités le savent, qui tentent de stabiliser le taux de change pour rassurer les porteurs de capitaux. Pour la diaspora ouest-africaine, ces mouvements de taux se répercutent directement sur le coût des transferts vers le Nigeria.
L'investissement direct, lui, ne suit pas. Les entreprises étrangères hésitent encore à s'engager sur le long terme. En cause : l'incertitude réglementaire, les problèmes de change, et une croissance qui reste fragile malgré la hausse des prix du pétrole. Résultat, le Nigeria attire les capitaux chauds plus que les capitaux patients. Une économie qui dépend des flux de portefeuille pour financer son déficit courant s'expose aux humeurs des marchés. Les 7,09 milliards de dollars du deuxième trimestre sont une bouffée d'oxygène, pas une garantie de stabilité.
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