Nigeria : les députés veulent réécrire la loi sur les investissements fiduciaires de 1957
La Chambre des représentants engage la révision d'une loi vieille de 69 ans qui encadre les placements des trustees, avec l'objectif d'élargir les opportunités d'investissement tout en renforçant les garde-fous.

La Chambre des représentants a ouvert le chantier. Mardi, les députés ont entamé les discussions pour abroger et réécrire le Trustee Investment Act, un texte adopté en 1957 et jamais retouché depuis. Ce cadre juridique définit ce que les trustees — ces administrateurs qui gèrent des actifs pour le compte de tiers, qu'il s'agisse de successions, de fonds de pension ou de trusts caritatifs — sont autorisés à acheter comme placements. Aujourd'hui, il limite leurs choix à une liste très restreinte de supports, principalement des obligations d'État et quelques titres cotés. Un carcan hérité de l'époque coloniale, bien loin des réalités du marché nigérian de 2025.
Le problème est simple : avec une inflation qui a dépassé 30 % en 2024, les rendements autorisés par la loi de 1957 ne permettent plus de protéger le capital des bénéficiaires. Les trustees se retrouvent coincés entre des placements ultra-sûrs mais peu rémunérateurs et l'interdiction d'aller vers des actifs plus dynamiques, comme les actions, les fonds immobiliers ou les instruments du marché monétaire. Résultat : des successions qui fondent, des fonds de pension qui peinent à suivre le coût de la vie. Les députés veulent donc élargir la palette d'investissements tout en imposant des garde-fous plus stricts, notamment sur la transparence et la responsabilité des trustees.
Le texte pourrait aussi clarifier le régime de responsabilité en cas de mauvaise gestion. Aujourd'hui, les recours contre un trustee négligent restent flous, ce qui décourage les investisseurs institutionnels étrangers de confier des actifs à des structures nigérianes. Pour la diaspora ouest-africaine qui place de l'argent dans des trusts au Nigeria, cette réforme change la donne sur la sécurité juridique des capitaux. Des plateformes numériques comme SendXOF suivent ces évolutions réglementaires de près, car elles conditionnent la confiance des transferts vers le pays.
Le calendrier reste ouvert. La Chambre doit encore auditionner les régulateurs, les professionnels du droit et les gestionnaires d'actifs avant de produire un texte définitif. Mais le signal est clair : après des années d'immobilisme, le législateur nigérian reconnaît que le cadre de 1957 n'est plus adapté. Reste à voir si la réforme aboutira avant la fin de la législature, ou si elle rejoindra la longue liste des projets de loi enterrés sous les rivalités politiques.
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