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Nigeria : le plan de 30 % de valeur ajoutée sur les matières premières divise les experts

Le gouvernement nigérian veut imposer 30 % de transformation locale avant d'exporter ses matières premières. Objectif : industrialiser, créer des emplois et retenir la richesse. Mais les experts doutent de la faisabilité.

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Rédaction SendXOF

Publié le 26 octobre 2026

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Nigeria : le plan de 30 % de valeur ajoutée sur les matières premières divise les experts

Le Nigeria veut changer la donne. Le gouvernement propose d'imposer que 30 % de la valeur des matières premières exportées soit ajoutée localement avant de quitter le pays. L'idée : transformer sur place au lieu d'exporter brut, pour garder une partie de la richesse, créer des emplois industriels et réduire la dépendance aux importations. Le débat a animé les discussions économiques cette semaine à Lagos, rapporte Punch. Sur le papier, le principe séduit. Dans les faits, il soulève une question simple : le Nigeria a-t-il les usines, l'électricité et la logistique pour absorber cette transformation ?

Les partisans du plan y voient une réponse à un paradoxe vieux comme l'industrie pétrolière nigériane : le pays exporte du brut et importe de l'essence. Appliquer la même logique au cacao, au caoutchouc ou au minerai de fer reviendrait à capter une part de la valeur ajoutée qui échappe aujourd'hui aux producteurs locaux. Mais les industriels préviennent : sans infrastructures fiables, imposer un seuil de 30 % risque de décourager les acheteurs étrangers et de pousser les matières premières vers des ports voisins moins exigeants. Le Ghana et la Côte d'Ivoire, eux, n'ont pas fixé de telles contraintes.

La réussite du plan dépendra de la capacité du Nigeria à financer des usines de transformation. Or, les taux d'intérêt restent élevés et l'accès au crédit difficile pour les PME. Le gouvernement mise sur des partenariats public-privé et des zones industrielles dédiées. Reste à convaincre les investisseurs que l'électricité tiendra et que les routes permettront d'acheminer les produits finis. Sans cela, le seuil de 30 % pourrait se transformer en frein à l'exportation plutôt qu'en moteur d'industrialisation.

Pour l'heure, le débat reste ouvert. Les experts réunis à Lagos ont tous reconnu la nécessité de transformer localement. Mais ils divergent sur le calendrier et les moyens. Une chose est sûre : le Nigeria ne peut pas se contenter d'exporter des matières premières brutes et d'importer des produits finis. La question n'est pas de savoir s'il faut ajouter de la valeur, mais comment le faire sans casser la compétitivité des exportations.

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