Nigeria : le NESG réclame des emplois, pas seulement de la croissance
Au terme du 32e sommet économique d'Abuja, le président du NESG, Omoboyede Olusanya, appelle à dépasser les chiffres du PIB pour mesurer les progrès du pays à l'aune des emplois, des revenus et du niveau de vie.

Le Nigeria affiche une croissance régulière depuis la sortie de récession, mais les Nigérians ordinaires peinent à en ressentir les effets. C'est le constat qu'a dressé Omoboyede Olusanya, président du Nigerian Economic Summit Group (NESG), à la clôture du 32e sommet économique qui s'est tenu à Abuja. Pour lui, le pays doit cesser de se satisfaire de la seule progression du produit intérieur brut et passer à une mesure concrète des résultats : combien d'emplois créés, quel niveau de revenu pour les ménages, quelle productivité réelle dans les entreprises.
Le problème n'est pas théorique. La croissance nigériane, tirée par les services et les télécoms, reste trop peu intensive en main-d'œuvre. Le secteur pétrolier, moteur historique de l'économie, emploie une fraction infime de la population active. Résultat : une croissance qui peut atteindre 3 % par an sans faire reculer significativement le chômage ni la pauvreté, dans un pays où plus de 130 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté selon les estimations de la Banque mondiale.
Olusanya plaide pour que les politiques publiques ciblent explicitement la création d'emplois et la hausse des revenus, plutôt que de s'en remettre à la seule expansion du PIB. Cela suppose des choix budgétaires clairs : investir dans les infrastructures qui connectent les producteurs aux marchés, soutenir les petites entreprises qui constituent l'essentiel du tissu économique, et améliorer la productivité agricole, secteur qui emploie encore une large part de la population.
Le message du NESG intervient dans un contexte où les autorités nigériannes multiplient les réformes macroéconomiques. La suppression des subventions sur l'essence et la libéralisation du naira ont assaini les finances publiques, mais elles ont aussi renchéri le coût de la vie. Pour que ces ajustements portent leurs fruits, la croissance devra se traduire par des emplois et des salaires. Sans cela, les réformes resteront incomplètes aux yeux des ménages, et la confiance des investisseurs, elle-même fragile, en pâtira.
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