Nigeria : le fonds maritime CVFF de 52 milliards de nairas bloque en dépôt à terme
L'ancien directeur général de la NIMASA, Temisan Omatseye, affirme que le Cabotage Vessel Financing Fund, libellé en dollars, a été converti en nairas et placé en dépôt à terme, alors que les armateurs réclament une enquête.

Le feuilleton du Cabotage Vessel Financing Fund refait surface au Nigeria. Temisan Omatseye, ancien directeur général de la NIMASA, soutient que les 52 milliards de nairas du fonds, initialement libellés en dollars, ont été convertis en monnaie locale puis placés en dépôt à terme. Une manière de garantir que l'argent ne dorme pas sans produire d'intérêts, explique-t-il. Mais cette conversion soulève une question simple : à quel taux le change a-t-il été effectué, et qui a validé l'opération ? Les armateurs nigérians, eux, ne l'entendent pas de cette oreille. Ils réclament une enquête indépendante sur la gestion de ce fonds censé financer l'achat de navires et développer la flotte nationale.
Le CVFF est alimenté par une taxe prélevée sur les contrats de cabotage, ce transport maritime réservé aux opérateurs locaux. Depuis sa création, il a accumulé des sommes considérables sans que les armateurs puissent y accéder facilement. La conversion en nairas, dans un contexte de dépréciation continue de la monnaie nigériane, fait craindre une perte de valeur réelle. Si le fonds était resté en dollars, il aurait mieux résisté à l'inflation et aux turbulences du change. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce type de mouvement de taux en temps réel sur leurs interfaces, mais pour les armateurs, l'enjeu dépasse la simple conversion : c'est la transparence de toute la chaîne de gestion qui est en cause.
Les shipowners réclament une enquête parce qu'ils veulent savoir comment un fonds destiné à renforcer la flotte nigériane a pu être immobilisé en dépôt à terme sans bénéficier directement aux bénéficiaires. Omatseye, lui, défend une décision de gestion prudente : placer l'argent plutôt que le laisser inactif. Mais dans un pays où la confiance dans les institutions maritimes est fragile, l'argument technique ne suffit pas à calmer les esprits. La NIMASA n'a pas encore publié de réponse détaillée aux accusations. Le débat intervient alors que le Nigeria cherche à doper son secteur maritime et à réduire sa dépendance aux navires étrangers.
Ce dossier illustre une difficulté récurrente : les fonds publics dédiés au développement sectoriel finissent souvent au centre de batailles de chiffres et de procédures. Que le CVFF soit en nairas ou en dollars, la question de fond reste la même : les armateurs nigérians ont-ils accès aux financements promis ? Tant que la lumière ne sera pas faite sur les conditions exactes de la conversion et du placement, la polémique ne retombera pas. Et pendant ce temps, la flotte nationale attend toujours les capitaux censés la faire grandir.
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