Nigeria : le commerce d'alcool illicite menace les investissements et l'emploi
Au Nigeria, le commerce d'alcool illicite s'étend, menaçant les investissements, les emplois et les recettes publiques. Les produits contrefaits et de contrebande sapent les entreprises légitimes, poussant les acteurs du secteur à réclamer des mesures plus fermes.

Le commerce d'alcool illicite prend de l'ampleur au Nigeria, et les conséquences se font sentir bien au-delà des bars et des boutiques. Les produits contrefaits, frelatés ou de contrebande inondent le marché, grignotant les parts de marché des producteurs légitimes. Résultat : des investissements massifs mis en péril, des emplois menacés et des recettes fiscales en baisse pour l'État. Les autorités peinent à endiguer ce fléau, tandis que les consommateurs, souvent sans le savoir, mettent leur santé en danger.
L'industrie légale de l'alcool, qui pèse des milliards de nairas, est en première ligne. Des entreprises comme Nigerian Breweries ou Guinness Nigeria voient leurs ventes chuter face à des concurrents illégaux qui ne paient ni taxes ni droits de douane. Un opérateur du secteur à Lagos confie que les produits contrefaits se vendent parfois jusqu'à 30 % moins chers que les originaux, une différence qui séduit les consommateurs en période de crise économique. Cette situation décourage les investisseurs étrangers, qui hésitent à injecter des capitaux dans un marché où la concurrence déloyale est si présente.
Face à cette menace, les acteurs de l'industrie appellent à une action coordonnée. Ils réclament des contrôles plus stricts aux frontières, une répression accrue des réseaux de distribution illégaux et des sanctions plus lourdes pour les contrevenants. Mais le défi est immense : les circuits parallèles sont bien organisés, et la corruption complique la tâche des autorités. Certaines ONG suggèrent de sensibiliser le public sur les dangers de l'alcool frelaté, qui peut provoquer des intoxications graves, voire mortelles. En 2023, une vague d'intoxications avait fait plus de 15 morts dans l'État d'Ogun, un drame qui avait mis en lumière l'ampleur du problème.
Pour les consommateurs, la vigilance est de mise. Mais pour l'économie nigériane, l'enjeu est plus large : sans une lutte efficace contre ce fléau, les recettes publiques continueront de fondre, et les emplois légitimes resteront menacés. L'industrie de l'alcool, qui emploie des milliers de personnes à travers le pays, pourrait voir sa compétitivité s'éroder durablement. Les experts estiment qu'une répression réussie pourrait générer des milliards de nairas de recettes supplémentaires pour l'État, tout en protégeant les consommateurs. Reste à savoir si les autorités sauront relever le défi.
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