Nigeria : la menace de sanctions révèle les failles de la privatisation électrique
La menace du gouvernement fédéral de sanctionner et de débrancher les producteurs d'électricité qui ne respectent pas le mode de fonctionnement Free Governor expose des faiblesses structurelles dans le secteur électrique nigérian, selon des experts. Treize ans après la privatisation, les problèmes persistent.

Le gouvernement fédéral nigérian a brandi la menace de sanctions et de déconnexion contre les sociétés de production d'électricité (GenCos) qui ne se conforment pas au mode de fonctionnement Free Governor (FGM). Cette annonce, rapportée par Daily Trust, a relancé le débat sur les failles structurelles du secteur, privatisé il y a treize ans. Pour les experts, cette mesure de dernier recours illustre l'incapacité des autorités à faire respecter les règles autrement que par la contrainte.
Le FGM, qui permet aux turbines de fonctionner sans dépendre du réseau central, est pourtant essentiel pour stabiliser le système électrique. Mais son application reste inégale, faute d'infrastructures adaptées et d'investissements suffisants. Les GenCos, qui peinent déjà à couvrir leurs coûts, voient dans cette exigence une charge supplémentaire. Résultat : le pays continue de subir des coupures chroniques, malgré un potentiel de production estimé à plus de 13 000 mégawatts.
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Au-delà des sanctions, les experts appellent à une refonte en profondeur du modèle de privatisation, qui a transféré la gestion sans garantir un cadre réglementaire efficace. Tant que les investissements dans le transport et la distribution ne suivront pas, la menace de débranchement ne sera qu'un pansement sur une plaie ouverte.
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