Onafriq ferme Baxi : le banking agent nigérian n'est plus rentable
Après cinq ans d'activité, Onafriq arrête son réseau Baxi au Nigeria. La dépréciation du naira, la hausse des coûts et une concurrence féroce ont rendu le modèle des agents bancaires intenable.

Onafriq met fin à l'aventure Baxi au Nigeria. La société panafricaine de paiements a annoncé l'arrêt de son activité de banking agent, cinq ans après son lancement. En cause : une équation économique devenue intenable. La dépréciation du naira a renchéri les coûts d'exploitation, pendant que la concurrence exacerbée entre opérateurs a comprimé les marges. Le réseau Baxi, qui permettait à des milliers de Nigérians d'effectuer des dépôts, retraits et transferts via des agents de proximité, n'a plus les moyens de sa rentabilité. La décision concerne Onafriq Nigeria Payments Limited et devrait se traduire par une réorganisation profonde de ses activités dans le pays.
Le banking agent est l'un des piliers de l'inclusion financière au Nigeria, où une large partie de la population reste non bancarisée. Les agents Baxi, présents dans les quartiers et les zones rurales, servaient de point de contact pour les transactions du quotidien. Mais le modèle repose sur des volumes importants et des frais réduits. Avec un naira qui a perdu plus de 70 % de sa valeur depuis juin 2023, les intrants — carburant, loyers, terminaux — ont flambé. Les commissions, elles, sont restées en nairas. Résultat : chaque transaction coûte plus qu'elle ne rapporte. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car la disparition d'acteurs de proximité réduit les points de retrait et pousse les utilisateurs vers d'autres canaux, parfois plus chers.
La concurrence a achevé de fragiliser le segment. Les géants comme OPay, PalmPay et Moniepoint ont inondé le marché d'agents et de promotions, cassant les prix pour gagner des parts de marché. Dans ce jeu, les opérateurs les plus petits ou les plus récents n'ont pas les reins assez solides. Onafriq, qui a bâti sa réputation sur les transferts transfrontaliers, a préféré couper une branche déficitaire plutôt que de laisser les pertes s'accumuler. La société n'a pas précisé combien d'emplois ou d'agents seront affectés, mais l'onde de choc se fera sentir dans les localités où Baxi était le seul point de services financiers.
Le retrait de Baxi illustre un paradoxe nigérian : le pays a besoin d'inclusion financière, mais les conditions macroéconomiques découragent les investisseurs. La dépréciation du naira, l'inflation et la hausse des coûts énergétiques pèsent sur tous les modèles à faible marge. D'autres acteurs pourraient suivre si la rentabilité ne revient pas. En attendant, les agents Baxi devront se reconvertir ou rejoindre des réseaux concurrents. Pour les utilisateurs, le maillage territorial se réduit, et avec lui, l'accès aux services financiers de base. Une équation que les autorités nigériannes devront surveiller de près.
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