Nigeria : la contrebande siphonne les recettes douanières et étouffe les industriels
Le Nigeria Customs Service alerte sur les pertes de recettes fiscales causées par la contrebande à la frontière béninoise et appelle à un renforcement des contrôles pour protéger les fabricants locaux.

Le Nigeria Customs Service tire la sonnette d'alarme. À Idiroko, dans l'État d'Ogun, le contrôleur par intérim du commandement Ogun I, Abdulhamid Ibrahim, a pointé du doigt les réseaux de contrebande qui privent l'État de recettes douanières substantielles. Les marchandises qui franchissent la frontière béninoise sans acquitter les droits de douane créent une concurrence déloyale pour les fabricants nigérians, contraints de supporter des coûts de production et de conformité que les fraudeurs ignorent. Le phénomène n'est pas nouveau, mais il s'intensifie à mesure que les pressions inflationnistes et la dépréciation du naira rendent les produits importés illégalement plus attractifs.
La frontière entre le Nigeria et le Bénin reste l'une des plus poreuses de la sous-région. Des milliers de camions et de motos-taxis traversent chaque jour les postes informels qui jalonnent les 773 kilomètres de frontière commune. Le riz, les textiles, les produits pétroliers et les véhicules d'occasion figurent parmi les marchandises les plus concernées. Pour les industriels nigérians, l'équation est simple : chaque cargaison qui échappe aux droits de douane vient grignoter des parts de marché et fragilise des chaînes de production déjà éprouvées par la volatilité du naira et la hausse des coûts énergétiques.
Les deux pays ont tout intérêt à coopérer. Le Bénin, dont l'économie dépend largement du commerce de transit vers le Nigeria, subit lui aussi les effets pervers de ces circuits parallèles. Les recettes douanières béninoises pâtissent de la contrebande qui contourne les ports de Cotonou au profit de routes clandestines. Pour la diaspora ouest-africaine, ces tensions commerciales se traduisent par des variations de change qui compliquent l'évaluation des coûts d'importation et, par ricochet, le calcul des transferts vers la sous-région.
Le renforcement des contrôles annoncé par les autorités nigérianes ne suffira pas à lui seul. La lutte contre la contrebande exige une coordination douanière bilatérale, des moyens technologiques de surveillance et une harmonisation des tarifs extérieurs communs au sein de la CEDEAO. Sans cela, les flux frauduleux continueront de s'adapter, de contourner les postes officiels et de priver les deux États de ressources fiscales indispensables. Les fabricants nigérians, eux, attendent des actes concrets : la survie de pans entiers de l'industrie locale en dépend.
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